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Le bosseur Philippe Marquis prendra finalement part aux Jeux olympiques

23/01/2014 12:02 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT
NATALIA KOLESNIKOVA via Getty Images
Canada's Philippe Marquis celebrates as he crosses the finish line during the Freestyle Ski World Cup Men's Moguls Test Event at the Snowboard and Freestyle Center in Rosa Khutor near the Black Sea resort of Sochi, on February 15, 2013. Marquis took the third place. AFP PHOTO / NATALIA KOLESNIKOVA (Photo credit should read NATALIA KOLESNIKOVA/AFP/Getty Images)

MONTRÉAL - Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Philippe Marquis peut maintenant en témoigner.

Le bosseur de 24 ans avait la voix d'un homme très heureux quelques minutes avant de grimper dans l'avion qu'il le transportera à Tignes, en France, où il rejoindra l'équipe olympique canadienne de ski acrobatique à la suite de sa nomination in extremis pour les Jeux de Sotchi. Tout le contraire de ce qu'il a vécu le week-end dernier, alors qu'il s'est effondré en bordure de piste quand il a compris que son rêve olympique venait de prendre fin. Momentanément.

Éliminé par un point en raison de sa huitième place à la Coupe du monde de Val Saint-Côme — il devait terminer pas plus loin qu'au septième échelon —, le Québécois a profité de la blessure au genou subie par la spécialiste de la demi-lune Megan Gunning aux X-Games pour obtenir son laissez-passer pour la Russie.

«Après avoir subi un test d'imagerie par résonance magnétique dont les résultats ont immédiatement été transmis à son médecin, à son entraîneur ainsi qu'aux dirigeants de l'Association canadienne de ski acrobatique (ACSA), il a été convenu que la blessure était trop sérieuse pour qu'elle puisse espérer être remise à temps pour les JO», a déclaré à La Presse Canadienne David Mirota, directeur, haute performance, de l'ACSA.

L'état-major de la fédération canadienne a donc décidé d'ajouter Marquis à la formation dans la nuit de mercredi à jeudi.

S'il est heureux de ce retournement de situation, Marquis ne se réjouit pas de la blessure de l'Albertaine de 21 ans.

«La première fois que j'ai entendu qu'elle était blessée, ça m'a complètement pris par surprise, a-t-il déclaré. Mais ce n'est vraiment pas quelque chose que tu souhaites à qui que ce soit. Pour être passé par là en quelques occasions déjà dans ma carrière, je ne veux pas que personne ne vive ça.

L'athlète de Québec avait même déjà fait son deuil des JO, possiblement à tout jamais: s'il croit demeurer sur le circuit pour une autre saison et prendre part aux Championnats du monde en 2015, il ne croit pas avoir le courage d'entreprendre une autre olympiade.

«Dans ma tête, quand je suis revenu chez nous lundi et que mes chums étaient partis à Tignes s'entraîner pour Sotchi, j'ai commencé à faire mon deuil. J'ai tellement eu d'appui positif de tout le monde autour de moi que ça m'a remonté le moral et que j'avais la tête haute malgré tout. Je commençais à planifier mes trois prochaines semaines. Question de voir de quelle façon j'allais me tenir en forme pour compléter la saison du bon pied.

«Quand j'ai reçu l'appel, c'est sûr que j'étais déçu pour (Megan), mais d'un autre côté, c'est une porte qui venait de s'ouvrir sur mon rêve. J'ai travaillé vraiment fort au cours des quatre dernières années et je ne pouvais pas croire que mon histoire allait se terminer de la sorte. Je trouvais que la fin de l'histoire n'était pas ce qu'il fallait. C'est le coup de théâtre qu'il me fallait.»

Ne restait plus qu'à se donner un bon coup de pied au derrière pour ne pas rater son vol!

«J'ai fait mes valises 'sur le rush' (jeudi) matin, puis je suis allé faire préparer mes skis. Je n'ai pas pris de chance: j'en ai fait préparer deux paires pour être certain que j'allais avoir le meilleur équipement possible. C'était assez chaotique!

«Quand j'ai su la nouvelle (mercredi), j'ai gardé ça pour moi, car je savais que ça allait exploser quand les médias allaient l'apprendre. C'est ce qui s'est passé vers 11h30: quand l'ACSA en a fait l'annonce officielle, mon téléphone vibrait aux deux secondes! Heureusement que j'étais assez avancé dans ma préparation, comme ça, j'ai pu répondre aux journalistes.

«Mais ça m'a aussi fait réaliser que la vie de superstar à tous les jours, ce ne serait pas pour moi!»

Marquis avait besoin d'une septième place ou mieux à Val St-Côme afin d'assurer sa place à la présentation officielle de l'équipe, lundi dernier. Parions que toute la déception vécue le week-end dernier est maintenant chose du passé.

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