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La présidente centrafricaine appelle les combattants à rendre les armes

23/01/2014 08:46 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

BANGUI, République centrafricaine - La nouvelle présidente par intérim de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza, a appelé les combattants à rendre les armes alors qu'elle prêtait serment jeudi, quelques heures après une nouvelle flambée de violence dans la capitale.

Mme Samba-Panza, la première femme à diriger la République centrafricaine, a été assermenté quelques jours après avoir été choisie par le Conseil national de transition. Le chef rebelle musulman à l'origine du coup d'État de mars 2013 a démissionné il y a près de deux semaines, face aux critiques internationales sur son incapacité à contrôler ses combattants et à faire cesser les violences.

Dans son discours d'investiture, la présidente a appelé les combattants musulmans et les milices chrétiennes à soutenir le processus de paix.

«J'appelle fermement les combattants à faire preuve de patriotisme en abandonnant leurs armes», a-t-elle dit. «Le désordre en cours dans le pays ne sera plus toléré.»

La République centrafricaine est déchirée par de violents affrontements interreligieux depuis des mois. Près d'un million de personnes ont été forcées de quitter leur maison, et quelque 100 000 d'entre elles sont réfugiés autour de l'aéroport international de Bangui, gardé par des soldats français.

Le conseiller spécial de l'ONU pour la prévention des génocides, Adama Dieng, a prévenu mercredi du «risque élevé de crimes contre l'humanité et de génocide» en République centrafricaine. Devant le Conseil de sécurité, M. Dieng a déclaré que des enfants avaient été décapités, que des villages entiers avaient été incendiés et que le pays était plongé dans l'anarchie la plus complète.

Christian Bernis Latakpi, un étudiant universitaire âgé de 24 ans, a dit espérer que Mme Samba-Panza, qui était mairesse de Bangui depuis le mois de juin, ramène enfin le calme dans le pays.

«Depuis l'indépendance, ce sont toujours des hommes qui ont dirigé le pays et ils ont échoué», a-t-il affirmé. «Nous espérons qu'elle rétablisse rapidement la sécurité et qu'elle réunisse nos frères musulmans et chrétiens. Parce que les Centrafricains musulmans sont nés ici, ils ont grandi ici, et nous ne pouvons pas les renier. Il revient maintenant à la mère de notre pays de réconcilier les deux communautés.»

Quelques heures avant l'investiture de la présidente, les tensions restaient vives dans la capitale. Des centaines de miliciens chrétiens ont attaqué des civils musulmans, pillant et incendiant des résidences et des commerces.

Des casques bleus rwandais et des soldats français sont intervenus mercredi soir pour secourir une trentaine de musulmans gardés captifs dans leurs maisons par des bandes de miliciens dans le quartier PK13 de Bangui, ont déclaré des témoins. L'intervention est survenue après que des militants des droits de la personne eurent réclamé de l'aide pour ces familles.

«Si ces gens ne sont pas évacués d'ici quelques heures, ils seront morts demain. Dès que nous partirons, ils se feront tuer», s'est alarmé Peter Bouckaert, directeur des situations d'urgence chez Human Rights Watch.

Alors que la nuit tombait, les forces françaises ont fourni un camion pour évacuer les familles vers un camp de réfugiés musulmans protégé par les soldats internationaux.

Les rebelles majoritairement musulmans qui ont pris le pouvoir sont devenus de plus en plus impopulaires durant leur règne de 10 mois, alors que des combattants sans scrupules commettaient des atrocités contre la population civile, majoritairement chrétienne. Une milice chrétienne a lancé une contre-offensive le mois dernier, provoquant de violents affrontements dans les rues de la capitale qui ont fait plus de 1000 morts en quelques jours.

Une coalition de pays africains a déployé un total de 4600 casques bleus en Centrafrique, tandis que la France a envoyé 1600 soldats.

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