POLITIQUE

La ministre Élaine Zakaïb peut compter sur la confiance de Pauline Marois

23/01/2014 11:02 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT
PC

DAVOS, Suisse - Mise en cause dans une affaire de favoritisme, la ministre Élaine Zakaïb a été «rencontrée» par la Commission Charbonneau le 14 janvier dernier.

La ministre déléguée à la Politique industrielle a omis de révéler cette information, mercredi, lors de la conférence de presse qu'elle avait convoquée pour défendre son intégrité.

Mais la première ministre Pauline Marois a vendu la mèche, jeudi, lorsqu'elle est intervenue pour réitérer toute sa confiance envers la ministre.

De Davos, en Suisse, où elle prend part au Forum économique mondial, Mme Marois a relaté que Mme Zakaïb avait «témoigné auprès de la commission» et «répondu à toutes les questions».

Vérification faite, l'attaché de presse de la ministre, Pierre-Luc Desaulniers, a confirmé que Mme Zakaïb avait été rencontrée par la procureure Sonia Lebel le 14 janvier pour livrer sa version des faits.

Mme Zakaïb s'est retrouvée dans l'embarras mercredi après le dépôt en preuve d'écoutes électroniques devant la Commission Charbonneau pour des faits remontant à 2009.

Dans un extrait d’écoute électronique, Mme Zakaïb _ alors à la tête des fonds régionaux du Fonds de solidarité de la FTQ _ confie que des dossiers ont été bloqués au Fonds de solidarité parce qu’ils émanaient d’entreprises concurrentes de Tony Accurso.

Elle a reconnu mercredi qu'elle avait été témoin de malversations pour favoriser les entreprises de Tony Accurso mais s'est défendue d'avoir mal agi.

Au contraire, elle a affirmé avoir mis fin au stratagème. La première ministre s'est montrée satisfaite des explications de Mme Zakaïb.

«Elle s'est expliquée hier (mercredi) sur ses décisions comme présidente des fonds régionaux d'investissement et en ce sens, je crois qu'elle a répondu à toutes les questions utiles et pertinentes», a dit Mme Marois.

«Elle a, d'autre part, répondu à la demande de la commission, elle a témoigné auprès de la commission et elle a toute ma confiance», a ajouté la première ministre.

À Montréal, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a demandé à ce que Mme Zakaïb soit «au moins» suspendue par la première ministre afin de faire la lumière sur les allégations qui visent la ministre péquiste.

«Mme Zakaïb, lorsqu'elle dirigeait les fonds régionaux, a toléré, du moins pour un certain temps, une ingérence (...) afin de bloquer tous les dossiers dans l'industrie de la construction d'entreprises qui n'étaient pas dans le groupe de Tony Accurso», a rappelé M. Legault.

Le chef du deuxième groupe d'opposition à l'Assemblée nationale n'a pas exigé la démission de Mme Zakaïb, contrairement au Parti libéral du Québec, mais estime que le gouvernement Marois a des comptes à rendre.

«Pour l'instant, les Québécois ont raison de ne pas avoir confiance envers Mme Zakaïb, a-t-il dit. Il faut donner la chance au coureur. Est-ce que Mme Marois peut éclaircir cette situation?»

De son côté, la députée libérale Lise Thériault a réitéré que Mme Zakaïb devait remettre sa démission en raison des gestes que la ministre péquiste a posés dans le passé.

«Ça, c'est de la collusion pour favoriser les entreprises de Tony Accurso, a martelé Mme Thériault. Ça, ça méritait un coup de téléphone auprès de la police. Elle a fermé les yeux et s'est fait complice par son silence.»

Insatisfaite des explications fournies par Mme Zakaïb jusqu'ici, la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a fait la même suggestion que le chef de la CAQ.

«La première ministre devrait la suspendre de son rôle au sein du conseil des ministres, a dit Mme David. Elle reviendra si les choses sont bien claires.»

«Nous sommes en droit de se poser des questions sur le rôle de Mme Zakaïb au sein du Fonds de solaridé à un moment où il (le Fonds) ne cessait de privilégier les entreprises de Tony Accurso», a-t-elle ajouté.

Sortie commune

Par ailleurs, le chef caquiste a aussi exhorté la première ministre à faire la lumière sur le «deal» qu'aurait eu l'ex-président de la FTQ, Michel Arsenault, avec son mari, Claude Blanchet.

«Les Québécois, plus que jamais, sont en droit de se demander si le PQ a les mains attachées avec les gens de la FTQ, a affirmé M. Legault. Quelle dette a le PQ à l'endroit de la FTQ?»

Dans un enregistrement effectué par la police et entendu plus tôt cette semaine à la Commission Charbonneau, M. Arsenault et l'ex-dirigeant de la FTQ-Construction Jean Lavallée discutent de la possibilité de rencontrer Mme Marois pour épargner la centrale de l'épreuve d'une enquête.

Durant cette conversation qui remonte à 2009, M. Arsenault dit vouloir s'entretenir avec Mme Marois _ alors chef de l'opposition _ et fait référence à un «deal» passé avec son mari, Claude Blanchet, qui a dirigé le Fonds de solidarité de la FTQ de 1983 à 1997.

Selon M. Legault, Mme Marois et son mari devraient effectuer une sortie commune afin de s'expliquer sur cette question.

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