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Hollande reçu par le pape: les sujets qui fâchent n'ont pas disparu

23/01/2014 12:45 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

Avortement, fin de vie: les sujets qui fâchent ne devraient pas être occultés par François Hollande et François lors de leur rencontre vendredi, tant ils sont source de préoccupation pour un pape aussi intransigeant sur ces thèmes que ses prédécesseurs.

"Tels que je les connais, ils ne vont sûrement pas jouer à cache-cache. Ce sera une conversation ouverte même si on n'en saura rien", confie à l'AFP un haut prélat qui a requis l'anonymat.

Côté Vatican, le communiqué final ne devrait pas révéler de quelle façon ces thèmes ont été abordés. Les deux hommes pourraient mettre en avant les importants domaines de convergence: paix en Afrique, protection des chrétiens d'Orient, conflit en Syrie, défense de l'environnement, lutte contre le gaspillage des ressources alimentaires, justice financière mondiale, etc...

Le président français est à la recherche d'une réconciliation avec l'électorat catholique français, en majorité hostile à sa politique.

M. Hollande entend lui adresser "un message fort de dialogue et d'attention", ont souligné ses conseillers, estimant que les sujets de société "ne seront pas au coeur de la rencontre".

A l'Elysée, on affirme aussi que la dénonciation des actes anti-chrétiens en France par le président a été perçue comme "très positive" par les catholiques.

La visite intervient deux jours seulement après la suppression par les députés français de la notion de "détresse" comme motif d'interruption de grossesse. Ce que ses adversaires voient comme une dangereuse "banalisation" de l'avortement, au moment où l'Espagne sous majorité conservatrice restreint l'IVG que le gouvernement socialiste avait libéralisé.

Une démarche espagnole qui répond bien au conseil de François aux parlementaires d'exercer leur droit d'"amender ou même d'abroger" des lois, comme il l'avait recommandé à des députés français en mai.

Quant aux projets autorisant une forme de suicide assisté pour alléger les souffrances, leur condamnation par les évêques français a été tranchante.

Autre pomme de discorde entre une partie des catholiques et le gouvernement, le mariage gay, qui avait fait descendre dans la rue des centaines de milliers de Français, en majorité catholiques.

Certains de ces catholiques ont adhéré à une "supplique" au pape lui demandant de transmettre à François Hollande leur "malaise". Pétition signée par 110.000 personnes.

François a apporté son soutien dimanche à "la marche pour la vie" annuelle organisée par des organisations catholiques.

Sur l'avortement, "les positions sont divergentes et n'ont pas vocation à se rapprocher", a admis un conseiller de M. Hollande avant le voyage.

M. Hollande "sera tout à fait intéressé de voir ce que le pape aura à dire sur la fin de vie", a-t-il ajouté diplomatiquement.

Les positions du pape contre l'avortement, l'euthanasie et pour la défense de la famille traditionnelle sont claires, même s'il n'emploie pas la formule "valeurs non négociables".

Devant le corps diplomatique, il a dit "l'horreur" que suscitait en lui l'avortement qu'il range dans la "culture du déchet" caractéristique selon lui de l'époque actuelle.

Ses propos sur la bienveillance à manifester aux homosexuels et l'impossibilité de les "juger" n'empêche pas Jorge Mario Bergoglio d'adhérer au catéchisme qui affirme son respect pour les personnes mais son rejet d'actes jugés "désordonnés".

Pour lui, le couple homme-femme avec une famille garantit la stabilité de la société.

La bienveillance du pape et son refus de prononcer les mots qui fâchent ont créé des ambiguïtés dans le grand public, a relevé le vaticaniste Sandro Magister.

Certains ont cru y voir une évolution, alors que selon les vaticanistes, il ne s'agit pas d'une rupture doctrinale mais d'une manière réaliste d'aborder les situations concrètes des gens (femme ayant avorté, divorcés, homosexuels...), sans exclure personne de l'Église.

Le voyage arrive à un moment délicat pour le président, au plus bas dans les sondages et embarrassé par les répercussions médiatiques de l'affaire de sa liaison avec l'actrice Julie Gayet.

M. Hollande, qui ne viendra pas avec son compagne Valérie Trierweiler, devrait éviter tout contact avec la presse italienne, friande de ragots. Des questions privées de cet ordre ne sont pas abordées au Vatican.

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