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Génocide rwandais: un extrémiste hutu présumé interpellé aux Pays-Bas

23/01/2014 09:06 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

Les autorités néerlandaises ont interpellé jeudi un extrémiste hutu présumé de 54 ans soupçonné d'être impliqué dans le génocide rwandais en 1994, a annoncé jeudi le ministère néerlandais de la Justice.

"Le parquet a interpellé un homme de 54 ans dans le but de l'extrader vers le Rwanda", a indiqué le ministère dans un communiqué.

Identifié en tant que "Jean-Baptiste M.", le Rwandais a été arrêté dans la ville de Leusden (centre) après que les services de l'immigration ont révoqué son permis de séjour, justement car ils le soupçonnaient d'implication dans le génocide.

Le génocide s'était déclenché après l'assassinat le 6 avril 1994 du président rwandais, le Hutu Juvénal Habyarimana. Sur les trois mois qui suivirent, quelque 800.000 personnes ont été tuées, selon l'ONU, essentiellement au sein de la population tutsi, mais également parmi les Hutu modérés.

L'homme de 54 ans est soupçonné d'avoir été le leader d'un groupe hutu extrémiste ayant préparé et commis des meurtres dans le sud de Kigali, dans le quartier de Nyakabanda, selon la même source.

Il est également soupçonné d'avoir établi des listes de Tutsi devant être tués, d'avoir fourni des armes à la milice Hutu et d'avoir installé des barrages routiers.

Un tribunal néerlandais avait autorisé en décembre l'extradition d'un autre chef de milice hutu présumé, "Jean-Claude I.", soupçonné d'être impliqué dans un massacre perpétré dans une école dans les faubourgs de Kigali.

Une Néerlandaise d'origine rwandaise, Yvonne Basebya, avait été condamnée aux Pays-Bas en mars à 6 ans et huit mois de prison pour incitation au génocide en 1994.

Il s'agissait de la première condamnation pour génocide de l'histoire des Pays-Bas, doté d'une loi leur permettant de juger des suspects étrangers accusés de génocide.

Le parquet a toutefois indiqué favoriser une procédure au Rwanda car "les preuves sont là-bas", raison pour laquelle l'extradition est préconisée. "La plupart des victimes et leurs familles sont également là-bas".

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