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Fin des témoignages au procès de l'oblat Dejaeger, accusé d'agressions sexuelles

23/01/2014 03:47 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

IQALUIT, Nunavut - Les présumées victimes ont complété leur témoignage, jeudi, au procès de l'ex-prêtre oblat accusé d'avoir sexuellement agressé des dizaines d'enfants inuits dans une communauté isolée de l'Arctique.

L'affaire Eric Dejaeger doit prendre fin dans la semaine du 17 mars, lorsque les avocats présenteront leurs ultimes motions et leurs plaidoiries finales.

Dejaeger, âgé de 66 ans, a plaidé coupable à huit accusation au début de son procès, en novembre. Il a toutefois rejeté les 68 autres accusations d'agressions sexuelles portées contre lui lorsqu'il a présenté un plaidoyer cette semaine dans un tribunal d'Iqaluit, au Nunavut.

D'origine belge, Dejaeger était en poste dans le hameau d'Igloolik à titre de missionnaire oblat entre 1978 et 1982.

Les allégations portées contre l'homme vont des attouchements à la sodomie d'une petite fille attachée au lit de l'accusé avec du ruban adhésif.

Le procès a permis d'entendre que l'ex-prêtre avait utilisé de la nourriture pour attirer certains enfants mal nourris, et aurait brandi la menace des feux de l'enfer ou de la séparation d'avec leurs parents s'ils révélaient l'existence de ses agressions.

Certains actes sexuels auraient eu lieu dans une tente dressée à l'intérieur d'un camp de chasse. La plupart auraient toutefois été commis à l'église — dans la chambre du prêtre ou dans une pièce commune lors des cours de religion. Des témoins ont affirmé en cour avoir été agressés lors de leur passage en confession.

D'autres ont soutenu que l'accusé les aurait forcés à le regarder pendant qu'il sodomisait son chien.

L'ex-prêtre à la longue barbe blanche a catégoriquement nié les allégations. Il a déclaré en cour qu'il n'avait touché que les garçons entrés dans sa chambre lorsqu'ils n'en avaient pas la permission. Il soutient avoir serré leurs parties génitales en les faisant sortir de la pièce, mais qu'il n'en avait pas éprouvé de plaisir. «C'est arrivé, tout simplement», a-t-il confié à la cour.

Le juge Robert Kilpatrick n'a pas indiqué à quel moment il pourrait rendre son verdict. Il doit examiner plus de 1500 pages de déclarations dans le cadre du procès.

Dejaeger a déjà été reconnu coupable en lien avec d'autres crimes de nature sexuelle commis lors de son ministère chrétien à Baker Lake, une autre communauté inuite. Il a été condamné à cinq ans de prison dans ces affaires.

L'homme devait subir un procès relativement à certaines accusations liées à son passage à Igloolik en 1995, mais il est depuis rentré en Belgique, où il a occupé diverses fonctions religieuses avant d'être renvoyé au Canada en 2011, après que les autorités ont découvert qu'il ne possédait plus la citoyenneté belge.

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