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Colombie : les Farc accusent le président Santos d'une "escalade de la guerre"

23/01/2014 04:48 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

La guérilla colombienne des Farc a accusé jeudi le président colombien Juan Manuel Santos de mener une "escalade de la guerre", à l'occasion de la clôture d'un nouveau cycle de négociations de paix à Cuba.

"On ne peut pas tordre le cou à la réalité en jugeant correct de pratiquer une escalade de la guerre comme s'il n'y avait pas de conversations de paix ou en menant un dialogue en ignorant que le pays souffre de la confrontation", a affirmé à la presse Ivan Marquez, le chef de la délégation des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) aux pourparlers de La Havane.

Le numéro deux des Farc s'en est également pris à l'ex-chef du gouvernement espagnol Felipe Gonzalez (1982-1996) qui avait estimé que la guérilla avait accepté de négocier en raison d'un "sentiment de défaite".

"Ils se trompent, Juan Manuel Santos et Felipe Gonzalez, s'ils croient qu'avec une vision militariste ils peuvent convaincre le monde que le terrorisme d'Etat, appuyé par la machine de guerre de l'Empire (les Etats-Unis) est la clé pour obtenir la paix", a affirmé Ivan Marquez.

Le conflit armé en Colombie s'est accéléré ces derniers jours, avec une offensive militaire au sud-est de Bogota qui a fait au moins 26 morts dans les rangs de la guérilla, à l'issue d'un cessez-le-feu unilatéral observé par les Farc pour les fêtes de fin d'année.

"L'offensive continue. Mais en même temps, nous cherchons la négociation afin de mettre de côté toute cette violence qui nous ensanglante depuis 50 ans et poursuivre le développement du pays sans violence", avait expliqué le président Santos.

De son côté, le chef de la délégation gouvernementale aux pourparlers de La Havane, l'ex-vice-président Humberto de la Calle s'est abstenu jeudi de toute déclaration à la presse.

Le prochain cycle, le 20e depuis novembre 2012, doit débuter le 3 février, après un sommet de la Communauté des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes (Celac), mardi et mercredi à La Havane.

Après avoir conclu des accords partiels sur les deux premiers de cinq thèmes de leur ordre du jour - le développement rural et la participation de la guérilla à la vie politique après la conclusion d'un accord de paix -, gouvernement et guérilla discutent depuis plusieurs semaines des moyens d'en terminer avec le trafic de drogue en Colombie.

Les deux derniers sujets sont le dédommagement des victimes de ce conflit d'un demi-siècle, le plus vieux d'Amérique latine, et l'arrêt effectif des hostilités.

Les deux parties doivent également convenir d'un mode de ratification d'un éventuel accord général.

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