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Afrique du Sud/Platine: Marikana se réveille en grève

23/01/2014 02:02 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

La cité minière sud-africaine de Marikana (nord) qui abrite le numéro trois mondial du platine Lonmin s'est réveillée en grève jeudi, tout comme les deux grands producteurs voisins, des milliers de mineurs ayant cessé le travail pour exiger de meilleurs salaires.

L'accès au principal puits, théâtre en 2012 du massacre par la police de 34 mineurs en grève illégale, était sévèrement gardé par des vigiles, et les abords étaient déserts.

"Un rassemblement doit avoir lieu au stade de Wonderkop (à proximité de la mine, ndlr) dans la matinée", a précisé à l'AFP Jimmy Gama, un dirigeant d'Amcu, le syndicat radical qui coordonne la grève dans les trois entreprises, Lonmin, Anglo American Platinum (Amplats, numéro un mondial) et Impala Platinum (Implats, numéro deux).

Interrogé sur la médiation offerte par le gouvernement, notamment autour du vice-président Kgalema Motlanthe, lui-même issu du syndicalisme minier, M. Gama a indiqué que le syndicat "(consultait) ses membres". Il n'a pas exclu une réunion rapide dès vendredi, en déclarant: "Si les adhérents sont d'accord c'est possible."

Chez Amplats dont les installations sont disséminées sur un vaste périmètre près de Rustenburg, une trentaine de mineurs revêtus de tee-shirt aux couleurs d'Amcu étaient rassemblés sur un pré devant la raffinerie de Waterval, la principale.

Plusieurs ont justifié les 12.500 rands (environ 840 euros) de salaire exigés (150% de hausse, qualifiée d'"irréaliste" par la direction).

"Nous avons laissé suffisamment de temps à la direction pour réfléchir. Les cours du platine sont très élevés, et l'essence est trop chère pour nous, on n'y arrive pas", a expliqué Peter Moreki, 30 ans, qui aurait dû embaucher mercredi soir à 22H00 (20H00 GMT) avec l'équipe de nuit.

La grève va durer "aussi longtemps qu'il faudra pour qu'ils nous répondent", a-t-il ajouté, tandis qu'un responsable de la direction s'entretenait avec des leaders du groupe.

"On veut pas de la zone de piquet de grève qu'ils nous ont désigné devant la compagnie, c'est sans eau, trop confiné. On n'a pas confiance", a ajouté son collègue Joseph Ndebele, 28 ans, qui déclare spontanément avoir peur de se faire tirer dessus.

Père de quatre enfants et endetté jusqu'au cou, il a laissé son téléphone portable au vestiaire. "Pas de téléphone quand on fait grève. On a peur de se faire intimider", dit-il, affirmant que la direction a envoyé lundi des SMS menaçant de lui faire perdre du salaire.

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