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Washington envisage 10.000 militaires en Afghanistan pour deux ans après 2014

22/01/2014 12:52 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

Les Etats-Unis envisagent de maintenir 10.000 militaires en Afghanistan pour une période de deux ans après la fin 2014, une durée qui permettrait à Barack Obama de quitter la présidence en en ayant fini avec les guerres de l'après 11-Septembre.

Cette proposition du général Joseph Dunford, commandant les troupes internationales en Afghanistan, a été soumise à la Maison Blanche la semaine passée. Si elle était adoptée, elle permettrait au président Barack Obama de voir les derniers soldats américains rentrer à la fin 2016, à quelques jours de la fin de son second mandat.

Après avoir retiré les troupes américaines d'Irak à la fin 2011, il quitterait alors la Maison Blanche en ayant mis fin aux deux sanglants conflits qui ont marqué les Etats-Unis depuis les attentats de 2001.

"Il est juste de dire que la communauté du renseignement, le département d'Etat, le Pentagone pensent tous que si nous devions avoir une présence en Afghanistan après 2014, cela devrait être autour de ce chiffre" de 10.000 hommes, a déclaré à l'AFP un responsable américain s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

Il a également confirmé que ce contingent ne devrait rester sur place que deux ans, confirmant des informations révélées par le Wall Street Journal et le New York Times.

S'il n'est pas possible de laisser 10.000 hommes, "nous pensons que le plus prudent serait de n'en laisser aucun", a-t-il ajouté.

La proposition du général Dunford est en effet "binaire": c'est tout ou rien, "parce qu'une présence plus faible n'offrirait pas les garanties de protection adéquate aux forces américaines", selon le Wall Street Journal, citant des responsables sous couvert d'anonymat.

"Le président n'as pas encore pris de décision", a de son côté réagi Caitlin Hayden, porte-parole du Conseil de sécurité nationale à la Maison Blanche.

La mise en oeuvre de ce plan, sous réserve de validation par le président Barack Obama, reste conditionnée par la signature rapide par le président afghan Hamid Karzaï de l'accord bilatéral de sécurité (BSA) entre les deux pays.

Entraîner et assister les soldats afghans

Karzaï veut laisser à son successeur, qui doit être élu en avril, le soin de parapher cet accord. Le BSA définit les modalités d'une présence militaire étrangère en Afghanistan après 2014, lorsque la mission de combat de l'Otan aura pris fin.

Washington pousse de son côté Hamid Karzaï à une signature rapide du BSA, une question de "semaines, pas de mois" selon Mme Hayden, pour pouvoir se mettre en ordre de bataille. Faute de cela, "nous allons devoir planifier un avenir post-2014 où il n'y aura pas de troupes américaines ou de l'Otan en Afghanistan", a-t-elle mis en garde.

Le chiffre de 10.000 Américains envisagé, auxquels s'ajouteraient 2.000 à 3.000 militaires d'autres pays de l'Otan, est en ligne avec la fourchette globale de 8.000 à 12.000 hommes évoquée dès février 2013 par le secrétaire américain à la Défense de l'époque, Leon Panetta.

La mission d'un contingent étranger en Afghanistan sera d'entraîner et d'assister les 345.000 hommes des forces afghanes et de conduire des missions antiterroristes.

Dix mille militaires permettraient de maintenir un certain nombre d'implantations dans le pays, autorisant les diplomates et les agents de la CIA à y étendre leur activité en bénéficiant de la protection de l'armée.

Quelque 37.500 soldats américains et 19.000 d'autres pays de l'Otan se trouvent actuellement en Afghanistan. Au plus fort de l'intervention, l'Otan a compté 100.000 hommes en Afghanistan, aux deux-tiers américains.

La durée de deux ans semble en revanche plus surprenante: le BSA, s'il est signé, est valide "jusqu'à la fin 2024". Barack Obama a en outre évoqué par le passé un engagement "durable" des Etats-Unis aux côtés de l'Afghanistan et l'Otan compte financer le maintien des forces afghanes à hauteur de 352.000 hommes jusqu'à la fin 2018.

La proposition du général Dunford semble rencontrer certaines oppositions au sein de la Maison Blanche, notamment celle du vice-président Joe Biden, "qui se demande pourquoi le choix est entre 10.000 et zéro, et rien entre les deux", selon le New York Times. M. Biden avait déjà tenté en 2009 de s'opposer à l'envoi de 30.000 hommes en renfort en Afghanistan, privilégiant l'envoi d'une force moins importante.

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