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Violence: le président vénézuélien va oeuvrer pour "une nouvelle culture" télévisuelle

22/01/2014 08:21 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

Le président vénézuélien Nicolas Maduro, qui fustige la violence véhiculée par les séries et les films diffusés à la télévision, a annoncé qu'il prendrait des mesures pour "une nouvelle culture" dans les médias.

M. Maduro a annoncé qu'il allait faire usage de ses pouvoirs spéciaux lui permettant de légiférer par décret pour "construire une nouvelle culture de communication télévisuelle et cinématographique".

"Ceux qui nient la capacité d'influence et le poids que la télévision a sur notre société sont ridicules", a estimé le président lors d'un discours prononcé mardi soir au palais de Miraflores.

Le 16 janvier, M. Maduro avait demandé la révision de l'ensemble de la programmation télévisuelle, considérant que certains contenus encourageaient les actes de délinquance dans ce pays réputé comme étant parmi les plus violents du monde.

Lundi, la ministre de la Communication Delcy Rodriguez a rencontré les représentants des médias audiovisuels, qui se sont engagés à présenter, dès la semaine prochaine, de nouvelles grilles de programmes allégées en feuilletons et films violents.

L'opinion vénézuélienne a été choquée en début d'année par le double meurtre par balles d'une actrice et ex-miss, et de son mari, par des voleurs au bord d'une autoroute, contraignant les autorités à prendre en main ce thème qui figure en tête des préoccupations des Vénézuéliens.

En liaison avec les élus locaux, le gouvernement a ainsi lancé un "plan de pacification" de 79 villes qui concentrent 80% des délits dans le pays, et a appelé la population à participer à un grand rassemblement populaire contre la violence ce dimanche à Caracas.

Le Venezuela est considéré comme l'un des pays les plus dangereux au monde. En 2013, l'ONG Observatoire vénézuélien de la violence a enregistré quelque 24.000 meurtres, pour un taux d'homicide de 79 pour 100.000 habitants. De son côté, le gouvernement évalue ce taux à 39 pour 100.000 habitants.

D'après les analystes, cette criminalité galopante est due aux millions d'armes illégales en circulation dans le pays, à un système judiciaire inefficace et à la corruption policière qui alimentent l'impunité.

En novembre 2013, M. Maduro a obtenu du Parlement des pouvoirs spéciaux lui permettant de légiférer par décret pendant un an.

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