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Une entrevue avec Magnotta demeurera confidentielle

22/01/2014 03:15 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

Une juge de la Cour supérieure a déterminé que la police de Montréal ne pouvait mettre la main sur une entrevue vidéo menée avec le présumé meurtrier Luka Rocco Magnotta dans le cadre d'une étude universitaire sur les travailleurs du sexe.

L'Association canadienne des professeurs d'université (ACPPU) a salué la décision de la juge Sophie Bourque, qui confirme les droits des chercheurs à la protection de renseignements confidentiels, nécessaire à leur travail, a indiqué le directeur général, James Turk. Selon lui, il s'agit de la première reconnaissance par un tribunal de la relation privilégiée entre le chercheur et un participant à une étude.

La police de Montréal voulait obtenir une copie de l'entrevue pour la preuve qu'elle continue d'accumuler contre Luka Rocco Magnotta, âgé de 31 ans, accusé de meurtre prémédité relativement à l'assassinat et au démembrement de l'étudiant chinois en ingénierie Jun Lin.

Les avocats représentant les criminologues de l'université d'Ottawa ont plaidé que l'entrevue réalisée en 2007 avec un sujet connu sous le pseudonyme « Jimmy » devrait rester confidentielle. Ils ont soutenu que Magnotta avait pris part à l'étude à la condition que son entrevue demeure confidentielle.

M. Turk a fait valoir que la décision accordait aussi aux chercheurs la reconnaissance de la protection des sources confidentielles, déjà accordée aux journalistes.

Selon l'Association, la juge Bourque a souligné que de multiples recherches académiques fournissent des informations utiles sur certains aspects de la condition humaine qui demeurent généralement dans l'ombre.

Le jugement soutient aussi que la plupart des recherches impliquant des personnes vulnérables ne sont possibles que si les participants obtiennent l'assurance de l'anonymat et de la confidentialité, indique l'association de professeurs d'université.

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