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Encore des affrontements en Ukraine (PHOTOS/VIDÉO)

22/01/2014 04:29 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

Cinq militants de l'opposition ont été tués et 300 blessés mercredi dans les violents affrontements à Kiev entre manifestants et forces de l'ordre, a annoncé dans la soirée le centre du service médical improvisé de l'opposition.

"Pour le moment, nous avons dénombré cinq morts. Et environ 300 personnes ont été blessées aujourd'hui depuis minuit", a déclaré le coordinateur du centre médical, Oleg Musiy, à la radio pro-opposition Hromadske. Selon le site Ukrainska Pravda, quatre des cinq personnes qui sont mortes avaient des blessures par balles.

Ces heurts entre policiers et manifestants qui réclament la démission du président Viktor Ianoukovitch se sont déclenchés lorsque la police a tenté de démanteler un campement érigé par les manifestants en utilisant des gaz lacrymogènes.

Dans une violente riposte, les partisans de l'opposition ont repoussé les forces de l'ordre à l'aide de cocktails Molotov, de pierres, de bâtons et de pièces pyrotechniques.

Selon les services du procureur général, deux des trois personnes tuées mercredi ont succombé à des blessures par balle. La troisième serait morte en tombant du toit du stade de football du Dynamo, près du lieu des affrontements.

Selon les partisans de l'opposition, au moins une des victimes aurait été tuée par un tireur d'élite de la police. Ce que dément le premier ministre, Mikola Azarov, qui a affirmé plus tôt que la police ne possédait pas d'armes à feu.

Le président rencontre l'opposition

Assimilant les manifestants à des « terroristes », les autorités ukrainiennes ont adouci le ton plus tard en journée après que le président Ianoukovitch eut convoqué une rencontre avec les représentants du mouvement d'opposition.

Le chef du parti libéral Udar et ancien boxeur Vitali Klitschko, l'ex-ministre de l'Économie Arseni Iatseniouk et l'ultranationaliste Oleh Tiahnibok ont agi à titre de représentants de l'opposition lors de la rencontre.

Dans un communiqué déplorant la mort des trois manifestants, la présidence ukrainienne a exhorté la population à ne pas répondre aux appels des « radicaux ». « Je suis contre le bain de sang, contre l'usage de la force, contre l'incitation à la haine et à la violence », a écrit le président Ianoukovitch.

L'Ukraine est déchirée par une importante crise politique depuis plusieurs semaines.

Une partie importante de la population, qui réclamait un rapprochement et des accords commerciaux avec l'Europe, était révoltée par la décision du président Ianoukovitch de tourner le dos à l'Europe pour accepter un renflouement des finances du pays par la Russie.

Les États-Unis et l'Europe préoccupés, Moscou s'interpose

À Washington et Bruxelles, l'annonce de la mort de trois manifestants a incité les gouvernements américain et européen à hausser le ton.

L'ambassade des États-Unis à Kiev a dit avoir révoqué les visas de plusieurs Ukrainiens en réponse aux actions menées contre les manifestants anti-Ianoukovitch.

L'Union européenne, de son côté, a appelé à un véritable dialogue en Urkraine. À Paris, le président François Hollande a exprimé sa « très vive préoccupation » quant au respect des droits de l'homme en Ukraine tandis que le ministère polonais des Affaires étrangères a annoncé avoir convoqué l'ambassadeur d'Ukraine à Varsovie.

À Moscou, le gouvernement de Vladimir Poutine a pour sa part dénoncé « l'ingérence étrangère » de l'Occident dans les affaires de l'Ukraine, accusant du même souffle les partisans de l'opposition de violer la constitution du pays.

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