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Prison pour trois Egyptiens ayant dégradé un mémorial place Tahrir

22/01/2014 09:00 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

Trois Egyptiens ont été condamnés mercredi à deux ans de prison pour avoir dégradé, sur l'emblématique place Tahrir au Caire, un monument rendant hommage aux victimes de la répression sous les deux derniers présidents, selon des sources judiciaires.

Parmi les personnes condamnées figure Chérif al-Sirfi, un membre d'un groupe issu du 6-Avril, l'un des principaux mouvements mobilisés contre le régime de Hosni Moubarak lors de la révolte populaire qui l'a chassé du pouvoir début 2011.

Le 18 novembre dernier, les autorités installées par l'armée avaient inauguré sur la place Tahrir, épicentre de la révolte de 2011, un mémorial rendant hommage aux manifestants tués pendant ce soulèvement ainsi que sous la présidence de l'islamiste Mohamed Morsi, élu en juin 2012 et évincé du pouvoir en juillet 2013.

Mais des manifestants commémorant parallèlement la violente répression menée fin 2011 par l'armée -- qui assurait alors l'intérim du pouvoir--, avaient, quelques heures plus tard, recouvert de graffitis le monument, protestant contre l'institution militaire mais aussi contre Mohamed Morsi, et estimant que rien n'avait réellement changé depuis Moubarak.

Des millions d'Egyptiens avaient manifesté le 30 juin 2013 pour réclamer le départ de M. Morsi --premier président élu démocratiquement en Egypte--, qu'ils accusaient de vouloir islamiser à marche forcée la société égyptienne et de ruiner le pays.

Trois jours plus tard, le 3 juillet, le ministre de la Défense, le général Abdel Fattah al-Sissi, aujourd'hui homme fort du pays, avait annoncé la destitution et l'arrestation de M. Morsi, et une implacable répression s'en est suivie contre son mouvement, les Frères musulmans.

Mais à la fin de 2013, les autorités se sont lancées également dans une campagne contre les militants laïques, qui n'hésitent pas à critiquer, eux aussi, l'armée.

Plusieurs d'entre eux ont été arrêtés, comme Alaa Abdel Fattah, une des figures de la révolte de 2011, qui doit être notamment jugé pour "participation à une manifestation illégale".

Le président par intérim Adly Mansour a promulgué en novembre une loi controversée qui interdit tout rassemblement n'ayant pas obtenu l'aval du ministère de l'Intérieur.

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