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Nigeria: des manifestants réclament l'exécution de 11 présumés homosexuels

22/01/2014 01:20 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

BAUCHI, Nigeria - Des milliers de manifestants ont lancé des pierres sur un tribunal islamique dans une ville du nord du Nigeria, mercredi, réclamant la condamnation rapide et l'exécution de 11 hommes arrêtés pour leur appartenance à des organisations de défense des homosexuels.

Des agents de sécurité ont tiré en l'air pour disperser les manifestants à Bauchi afin que les accusés puissent retourner en prison en sécurité. Le juge El-Yakubu Aliyu a rapidement suspendu l'audience.

«Personne ne peut être condamné à mort avant que sa culpabilité soit confirmée hors de tout doute», a déclaré le juge en réponse aux demandes des manifestants.

Sept des 11 accusés devaient comparaître mercredi, mais seulement trois d'entre eux ont pu présenter leur témoignage. Les avocats de la défense ont été incapables de soumettre une demande de libération sous caution et les autres accusés n'ont pas pu s'exprimer. On ne sait pas quand la prochaine audience aura lieu.

La semaine dernière, le même tribunal a reconnu un jeune homme coupable de sodomie et l'a condamné à une amende et à 20 coups de fouet en public. La cour a affirmé avoir été clémente en évitant de le condamner à mort par lapidation, puisque l'accusé a admis ses actes commis il y a longtemps et n'a pas recommencé depuis.

Même s'il a été jugé en vertu de la loi islamique, il s'agissait de la première condamnation d'un homosexuel au Nigeria depuis que le président a promulgué une loi qui criminalise davantage l'homosexualité dans le Code criminel.

La loi antihomosexualité promulguée le 7 janvier par le président Goodluck Jonathan a mené à une frénésie d'arrestation d'hommes soupçonnés d'être gais. La loi interdit les associations de défense des homosexuels et prévoit des peines pouvant aller jusqu'à 14 ans de prison pour les mariages entre personnes de même sexe.

L'État de Bauchi est régi à la fois par le Code pénal et la Charia, qui prévoit la peine de mort pour les actes de sodomie, et il revient aux juges de décider si une personne coupable doit être lapidée à mort ou exécutée par injection létale.

La loi islamique est en vigueur dans neuf des 36 États du Nigeria.

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