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Mexique: un livre établit un parralèle entre le dossier Cassez et l'affaire Dreyfus

22/01/2014 03:38 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

L'affaire Florence Cassez rappelle l'affaire Dreyfus qui avait secoué la France il y a plus d'un siècle, estime l'ancien président de la Commission des droits de l'homme de Mexico dans le premier ouvrage publié sur le sujet au Mexique depuis la libération de la Française.

"Coupable? Florence Cassez, le jugement du siècle" de Luis de la Barreda, publié en espagnol, s'attache à répondre aux doutes exprimés au Mexique comme en France sur l'innocence de la Française malgré sa libération par la Cour suprême du Mexique il y a exactement un an.

Pour le juriste, dans l'affaire Cassez comme dans l'affaire Dreyfus, il y a eu un montage des autorités de l'État pour livrer en pâture à l'opinion un coupable fabriqué.

La Française a été libérée le 23 janvier 2013, après plus de sept ans passés en prison, dans le cadre d'une condamnation à 60 ans de prison pour enlèvements. La Cour suprême avait estimé que ses droits fondamentaux avaient été violés au cours de la procédure judiciaire marquée par un montage policier.

A la fin du 19ème siècle, le capitaine Dreyfus, d'origine juive, avait été accusé d'avoir fourni des informations secrètes à l'Allemagne, sur la base d'un dossier fabriqué par l'armée. Condamné à perpétuité, puis gracié, Dreyfus fut réhabilité en 1906, 12 ans après sa première condamnation.

"Plus d'un siècle après, la fière France continue d'avoir honte de l'affaire Dreyfus. Le Mexique aura honte de l'affaire Cassez", écrit Luis de la Barreda. L'auteur souligne à propos de l'affaire Cassez, que "dans notre pays, au siècle présent, aucun autre jugement n'a provoqué tant d'attention et déchaîné autant de passions comme celui-ci".

Aujourd'hui coordinateur du programme des droits de l'homme de l'Université nationale autonome du Mexique (Unam), de la Barreda rappelle que "beaucoup de gens pensent que Florence Cassez est coupable et qu'elle a été mise en liberté uniquement en raison des violations de la procédure".

Son livre s'attache à démontrer que "dans le dossier, il n'existait aucune preuve qui justifie la condamnation de l'accusée" à 60 ans de prison.

Ce qui ressort avant tout selon lui, c'est l'absence de validité des témoignages des trois supposées victimes de la Française, Cristina Rios, son fils de 11 ans Christian Ramirez et Ezequiel Elizalde. "Les témoignages qui incriminent Florence s'annulent d'eux-mêmes pour la raison frappante et incontestable qu'ils sont contradictoires".

Selon lui, même si les règles d'un procès équitable avaient été respectées par les autorités policières et judiciaires mexicaines - droit à l'assistance consulaire, mise à disposition immédiate devant le Ministère public, absence d'un montage télévisé organisé par la police - il n'en reste pas moins l'essentiel: "Les témoins victimes ont menti".

"L'affaire Florence Cassez, similaire à celle de Dreyfus, n'est qu'un exemple de plus de la misère du système pénal au Mexique, dont l'inefficacité majuscule s'accompagne d'une propension perverse aux fausses accusations", assène encore le juriste.

Mais il exprime l'espoir que l'affaire Cassez "mettra un point final à la fabrication réitérée de coupables au Mexique".

jcb/ag/ai

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