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L'Ethiopie intègre formellement la Force africaine en Somalie

22/01/2014 10:34 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

Quelque 4.400 soldats éthiopiens, déployés depuis novembre 2011 en Somalie, ont formellement intégré mercredi les rangs de la Force de l'Union africaine dans le pays (Amisom), a annoncé l'Amisom.

"Les troupes éthiopiennes vont constituer le sixième contingent" de l'Amisom, jusqu'ici constitué de plus de 17.000 soldats ougandais, kényans, burundais, djiboutiens et sierra-léonais, a annoncé dans un communiqué la force déployée depuis 2007 en Somalie en soutien aux fragiles autorités de Mogadiscio.

Au total 4.395 soldats éthiopiens intègrent la Force africaine, selon le texte, conformément à une résolution de l'ONU qui, mi-novembre, avait autorisé un renforcement de 4.400 hommes de ses effectifs, désormais d'environ 22.100 hommes.

Les troupes éthiopiennes seront responsables des régions de Gedo, Bay et Bakool, dans lesquelles le corps expéditionnaire éthiopien était déjà largement déployé. Les régions de Gedo et Bakool sont frontalières de l'Ethiopie.

L'armée éthiopienne, entrée en novembre 2011 en Somalie pour lutter contre les insurgés islamistes shebab, était également présente dans d'autres zones proches de sa frontière. Addis Abeba n'a jamais dévoilé le nombre de ses soldats présents en Somalie et il est difficile de savoir si l'Ethiopie comptait y conserver une présence militaire indépendante de l'Amisom.

"Les forces ont été déployées dans leurs secteurs respectifs", a indiqué à l'AFP Getachew Reda, un porte-parole du Premier ministre Hailemariam Desalegn.

Il a nié que l'intégration à l'Amisom - financée par l'ONU et l'Union européenne - soit liée à des raisons budgétaires. "Sans harmoniser nos efforts avec l'Amisom et autres partenaires (...) nous ne pouvons pas réellement parvenir au résultat que nous souhaitons", a expliqué M. Getachew.

"Le déploiement éthiopien va permettre aux forces burundaises et ougandaises de progresser dans certaines zones des Basse-Shabelle et Moyenne-Shabelle", deux régions côtières situées de part et d'autre de Mogadiscio, a expliqué l'Amisom sur son compte Twitter.

L'un des prochains objectifs de l'Amisom pourrait être Barawe (200 km au sud-ouest de Mogadiscio) localité portuaire d'environ 30.000 habitants.

La prise de Barawe, centre d'entraînement de kamikazes des shebab, permettrait, selon l'Amisom, de couper l'approvisionnement par la côte des shebab et d'unifier les zones sous contrôle de la force africaine, de l'extrême-Sud à Mogadiscio.

Depuis qu'elle a chassé les shebab de la capitale somalienne en août 2011, l'Amisom a largement contribué à faire reculer militairement les shebab, qui ont essuyé une série ininterrompue de défaites les contraignant à abandonner tous leurs bastions du centre et du sud à la Force africaine ou à l'armée éthiopienne.

Les shebab contrôlent encore de vastes zones rurales et l'Amisom estimait fin 2013 manquer d'effectifs pour étendre sa présence au-delà des localités conquises.

La force de l'UA a été "stoppée dans son élan" en raison d'un manque de troupes, estimait en novembre Jan Eliasson, secrétaire général adjoint de l'ONU.

Des observateurs estiment cependant que le combat contre les shebab sera encore long malgré le renforcement de l'Amisom.

Débordés militairement par les troupes africaines et éthiopiennes qui combattent au côté du semblant d'armée nationale somalienne et de diverses milices alliées, les shebab, liés à Al-Qaïda, ont largement abandonné le combat conventionnel au profit d'attaques de guérilla de plus en plus sophistiquées.

"Prendre des territoires aux shebab et viser les chefs est crucial, (mais) cela n'empêchera pas le noyau dur des shebab de continuer les attaques terroristes", expliquait un expert en sécurité travaillant en Somalie à l'AFP.

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