POLITIQUE

Le SPQ-Libre attaque Québec solidaire sur ses positions concernant la charte de la laïcité

22/01/2014 01:14 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT
CP

QUÉBEC - Un regroupement de syndicalistes proches du Parti québécois s'est livré mercredi à une attaque en règle contre le député de Québec solidaire Amir Khadir, en l'accusant d'avoir cautionné la ségrégation hommes-femmes lors d'une assemblée de jeunes musulmans.

Devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi sur la laïcité, des représentants des Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ-Libre) ont déposé une photo de M. Khadir alors qu'il participait à un rassemblement d'une association musulmane où les hommes et les femmes, voilées, étaient assis séparément.

Après s'être adressée aux députés, Louise Mailloux, administratrice du SPQ-Libre, a répété lors d'un point de presse que le cliché, pris durant la dernière campagne électorale québécoise, démontre que M. Khadir est d'accord avec cette façon de faire.

«Vous avez Amir Khadir qui cautionne, finalement, la ségrégation des sexes», a-t-elle dit.

Soutenant que M. Khadir et sa collègue députée François David ont la cote chez les intégristes musulmans, Mme Mailloux a accusé Québec solidaire d'avoir une position qui les satisfait.

«La position qui est défendue par Québec solidaire, qui est une position pro-voile, de laïcité ouverte, multiculturaliste, c'est évidemment une position qui est très attirante, qui fait l'affaire des intégristes, a-t-elle dit. À ce moment-là, on peut comprendre que les intégristes se rapprochent d'un parti politique pour essayer d'avoir une oreille attentive et faire avancer leur agenda politique.»

Dans une entrevue téléphonique, M. Khadir, qui considère le voile comme un symbole de soumission, s'est par la suite défendu de cautionner la ségrégation des sexes, accusant le SPQ-Libre de démagogie et de se livrer à une attaque partisane envers son parti, souverainiste comme le PQ.

«Québec solidaire est un parti féministe, pour la mixité et l'égalité homme-femme à tous les niveaux, a-t-il dit. Comment peut-on accuser Québec solidaire de vouloir encourager la ségrégation?»

En présentant son mémoire, le SPQ-Libre a affirmé qu'il était en faveur du projet de loi 60 sur la laïcité, considérant ses dispositions comme un point de départ pour affirmer la laïcité de l'État. Le groupe croit notamment que l'interdiction des signes religieux ostentatoires dans la fonction publique, proposée par le PQ, devrait être étendue aux élèves des écoles publiques primaires et secondaires.

Mme Mailloux, enseignante au cégep du Vieux-Montréal, a estimé que tout politicien, conférencier ou professeur devrait refuser de participer à des réunions où les hommes et les femmes sont séparés.

«On ne devrait pas accepter des choses comme ça, a-t-elle dit. Une des règles de la charia, c'est la ségrégation des sexes, il ne faut pas se le cacher, ça veut dire: on tasse les femmes.»

Le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, qui participe aux travaux de la commission parlementaire, a refusé de prendre position sur la question soulevée par le SPQ-Libre.

M. Khadir a plaidé pour la nécessité d'aller à la rencontre de tous les groupes de la société et il a assuré qu'il n'hésite pas à aborder des questions comme la ségrégation des sexes. Le député de Mercier a affirmé qu'il avait abordé cette question lors du rassemblement de l'association Bridges, en août 2012, quelques jours avant la dernière élection qui a porté le PQ au pouvoir.

«Je cherche à provoquer la discussion, le dialogue, alors je suis allé à leur rencontre, a-t-il dit. Qu'ils soient khoméinistes, extra-terrestres ou autre, s'ils veulent savoir c'est quoi Québec solidaire, je vais leur parler. Et quand je vois des contradictions avec la société dans laquelle ils vivent, je leur rappelle.»

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