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Le Japonais Abe met en garde contre les effets d'une escalade militaire en Asie

22/01/2014 12:29 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre Shinzo Abe a appelé mercredi à Davos à limiter la course aux armements en Asie, estimant que les conséquences économiques d'une crise militaire sur le continent seraient catastrophiques pour l'économie mondiale.

"Nous devons limiter l'expansion militaire en Asie", a déclaré M. Abe, lors d'un discours devant le Forum économique mondial, sans toutefois citer la Chine ni évoquer le différend territorial sino-japonais en mer de Chine orientale.

"Si la paix et la stabilité devaient être malmenées en Asie, les conséquences pour le monde seraient énormes", a-t-il prévenu, alors que la Chine et le Japon sont respectivement deuxième et troisième puissance économique mondiale.

Les deux pays ont chacun augmenté leurs dépenses militaires, provoquant inquiétude et protestation chez le rival.

M. Abe a appelé à la "complète transparence" des budgets militaires.

Depuis plus d'un an, les relations entre les deux poids lourds économiques de la région sont au plus bas en raison d'une querelle autour d'un petit archipel inhabité en mer de Chine orientale, contrôlé par le Japon sous le nom de Senkaku et vigoureusement revendiqué par Pékin qui le désigne comme Diaoyu.

Pékin envoie régulièrement des patrouilles de garde-côtes dans les eaux territoriales de ces îles situées à 200 km au nord-est de Taïwan et à 400 km à l'ouest d'Okinawa (sud du Japon), faisant redouter un incident avec les navires japonais croisant dans la zone.

Les relations sont également plombées par des questions historiques touchant notamment à la dernière guerre mondiale. Elles ont rejailli avec force le 26 décembre dernier, lorsque le Premier ministre japonais Shinzo Abe, connu pour ses positions nationalistes tranchées, s'est rendu au sanctuaire Yasukuni de Tokyo, où sont honorés 2,5 millions de morts tombés au combat pour le Japon, dont 14 criminels de guerre condamnés après 1945.

M. Abe a également défendu sa politique de relance économique non conventionnelle, appelée "Abenomics", qui doit en théorie sortir le Japon d'une longue période de marasme, mais qui pour l'instant n'a pas pleinement prouvé son efficacité.

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