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La "majorité" du territoire centrafricain toujours sous la loi de chefs de guerre (religieux)

22/01/2014 11:43 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

La "majorité" du territoire centrafricain reste sous la loi de chefs de guerre malgré la présence des forces française et africaine, ont affirmé mercredi à Paris l'archevêque et l'imam de Bangui, qui ont appelé la communauté internationale à accroître son soutien aux nouvelles autorités de transition.

"Au niveau de Bangui, il y a une stabilité (...), mais les seigneurs de guerre occupent encore la majorité du pays et font la loi", a déclaré à l'AFP l'imam Oumar Kobine Layama, président de la communauté islamique de Centrafrique. "Les populations se terrent dans la brousse, elles ont peur", a-t-il affirmé, alors que la Centrafrique est plongée dans le chaos depuis le coup d'Etat de mars 2013.

"Actuellement, dans le pays, les +antibalaka+ (milices chrétiennes) sont partout, les Séléka (ex-rébellion à majorité musulmane) sont partout. Les gens sont, surtout à l'intérieur du pays, à la merci de tous ces seigneurs de guerre", a renchéri l'archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga, qui, avec l'imam Kobine Layama, était cette semaine à Bruxelles, avant Paris, où les deux hommes seront reçus jeudi par le président François Hollande, puis Londres.

Se félicitant de l'élection lundi de Catherine Samba-Panza à la présidence de transition --"une bonne nouvelle"--, les deux responsables religieux ont exhorté la communauté internationale à la soutenir. "Tous doivent être derrière elle pour que la transition devienne une réalité, il faut la soutenir, l'encourager, l'aider", a déclaré Mgr Nzapalainga.

"Nous ne doutons pas de sa capacité", a déclaré l'imam Kobine Layama. "Elle est connue comme une femme de fer qui travaille et ne recule pas devant les difficultés" mais, a-t-il souligné, "elle est confrontée à des défis énormes, le désarmement, le cantonnement des milices...".

Comme en décembre, les deux hommes ont de nouveau appelé au déploiement d'une force de maintien de la paix de l'ONU en Centrafrique.

"Nous pensons qu'il faut rapidement une force onusienne", a déclaré Mgr Nzapalainga. "La France est venue, l'Europe arrive aussi mais le pays ne se réduit pas à Bangui et ce n'est pas avec 6.000 hommes qu'on pourra couvrir un pays grand comme la France et le Luxembourg" a-t-il estimé.

La France a déployé depuis le 10 janvier 1.600 hommes en Centrafrique, en soutien à une force de l'Union africaine (Misca), qui compte actuellement quelque 4.400 hommes, plus 850 soldats rwandais en cours de déploiement. L'Union européenne a promis lundi de dépêcher 500 hommes en renfort.

alc/thm/de

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