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Grèce: quatre millions d'euros pour la capture de "terroristes" en fuite

22/01/2014 04:48 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

La Grèce va offrir une prime de quatre millions d'euros à qui permettra d'arrêter quatre "terroristes" en fuite, a indiqué mercredi le ministre de l'Ordre public, après les disparitions récentes d'anciens militants d'extrême gauche.

Le ministre Nikos Dendias a fait cette annonce d'une "récompense de quatre millions d'euros" lors d'une visite au corps de la police.

"Le terrorisme est un défi pour notre patrie, l'Etat de droit et l'effort qu'on fait pour relancer l'économie, attirer des investissements (...). Les autorités vont tout faire pour lutter contre le terrorisme", a souligné M. Dendias.

Le 7 janvier, Christodoulos Xiros, 56 ans, qui purgeait plusieurs peines de réclusion à perpétuité en tant que tueur de l'organisation meurtrière d'extrême gauche 17 Novembre (17-N), démantelée en 2002, a disparu à l'occasion d'une permission de neuf jours.

Il y a deux jours, il avait menacé le gouvernement et les médias de nouvelles actions dans un texte qu'on le voit réciter sur un site internet.

Le 17-N, dont les dirigeants et une quinzaine de membres sont en prison, était l'un des plus dangereux groupes extrémistes grecs, à l'idéologie marxiste teintée de nationalisme et d'anti-américanisme. Il avait revendiqué en tout 23 assassinats entre 1975 et 2000, notamment celui du chef d'antenne de la CIA à Athènes, Richard Welch.

Il tire son nom de la révolte étudiante contre la dictature des colonels (1967-74) écrasée dans le sang à Athènes le 17 novembre 1973.

A Washington, le département d'Etat, qui s'était déjà ému de l'évasion de M. Xiros, s'est déclaré "évidemment profondément inquiet que ce terroriste condamné demeure dans la nature et lance de nouveau des appels à la violence".

La porte-parole du ministère, Marie Harf, a rappelé que le secrétaire d'Etat John Kerry avait parlé de "coopération antiterroriste" avec son homologue grec Evangelos Venizelos lors de leur entretien vendredi dernier au département d'Etat.

Le gouvernement grec est particulièrement inquiet ces derniers temps de la réapparition de la mouvance extrémiste alors que le pays assume depuis le 1er janvier la présidence semestrielle de l'Union européenne.

Fin décembre, des tirs de Kalachnikov avaient touché la résidence de l'ambassadeur d'Allemagne à Athènes, sans faire de victimes. Cet acte avait été condamné par toute la classe politique grecque.

En 2012, deux autres extrémistes présumés, Nikos Maziotis et sa femme Panayiota Roupa, soupçonnés de faire partie d'une autre organisation, Lutte révolutionnaire, avaient disparu après leur mise en liberté conditionnelle dans l'attente de leur procès. Quelques mois plus tard, ils avaient été condamnés en leur absence à plusieurs années de réclusion pour avoir perpétré "des actes terroristes".

Selon un communiqué du ministère grec, les quatre millions d'euros offerts sont à partager entre quatre affaires distinctes: "La récompense d'un million d'euros sera offerte à qui donnera des informations sur Christodoulos Xiros, Nikos Maziotis, Panayiota Roupa et sur ceux" qui avaient assassiné le 1er novembre deux membres du parti néonazi Aube dorée.

Le meurtre du 1er novembre a été revendiqué quelques jours plus tard au nom d'un groupe d'extrême gauche jusqu'alors inconnu, disant avoir agi en représailles après l'assassinat en septembre d'un musicien antifasciste par un néonazi. Ce crime avait choqué la Grèce.

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