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Deux manifestants tués par balle dans la capitale ukrainienne

22/01/2014 08:29 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Les deux hommes retrouvés morts mercredi près du lieu d'un affrontement entre la police et les manifestants dans la capitale ukrainienne ont été tués à balles réelles, ont déclaré des responsables.

Ces décès, les premiers depuis le début des manifestations en Ukraine il y a deux mois, risquent d'aggraver la crise politique qui secoue le pays et de donner lieu à de nouvelles violences à Kiev. Les manifestants réclament la démission du gouvernement pour avoir tourné le dos à l'Union européenne et favorisé un rapprochement avec la Russie.

Les services ambulanciers ont par ailleurs affirmé qu'un autre homme était mort après être tombé d'un toit près d'un aréna, mais une porte-parole des services de santé de Kiev, Natalia Vishnevska, a déclaré que l'homme avait survécu à sa chute et qu'il était soigné à l'hôpital.

Des procureurs ont déclaré que deux hommes avaient été tués à balles réelles et ont ouvert une enquête criminelle pour déterminer qui a ouvert le feu.

Le premier ministre Mykola Azarov a indiqué que les policiers n'avaient pas de balles réelles et a estimé que les leaders de l'opposition étaient responsables des décès.

Pendant ce temps, les trois principaux partis de l'opposition ont publié un communiqué mettant en cause le président Viktor Ianoukovitch et son proche allié, le ministre de l'Intérieur Vitali Zarharchenko, pour les décès.

Les grandes manifestations ont commencé quand le président Ianoukovitch a abandonné les discussions en vue d'un pacte avec l'Union européenne au profit de liens plus étroits avec la Russie, qui lui a offert un prêt d'urgence de 15 milliards $ US. Les manifestations ont pris de l'ampleur après qu'un petit rassemblement pacifique eut été durement réprimé par les forces de l'ordre.

Face au gouvernement qui ignore leurs demandes et aux leaders de l'opposition incapables de présenter un plan cohérent ou de désigner un porte-parole, des manifestants radicaux ont affronté la police antiémeute à Kiev dimanche, lançant des pierres et des cocktails Molotov aux policiers, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

Les deux décès de mercredi surviennent après une nouvelle journée d'affrontements entre les manifestants et les policiers. Les corps ont été découverts avant que la police donne l'assaut sur les barricades érigées près d'édifices gouvernementaux dans le centre de Kiev, chassant les manifestants des lieux.

Des policiers antiémeute casqués ont avancé vers les centaines de manifestants, démantelant les barricades, donnant des coups de matraque et tirant sur certaines personnes. Un homme a notamment été attaqué par des dizaines de policiers, qui lui ont fait enlever son manteau d'hiver avant de l'emmener plus loin, où il a de nouveau été battu. Une épaisse fumée noire provenant de pneus incendiés emplissait l'air et un véhicule blindé était visible près des rangées de policiers.

La police a ensuite dirigé les manifestants vers le principal lieu de rassemblement, sur la place de l'Indépendance, occupée en permanence par un important camp de tentes depuis le mois de novembre. La police n'a pas donné l'assaut sur le camp.

L'un des leaders de l'opposition, Oleksander Turchynov, a appelé les Ukrainiens à se rassembler dans le centre de Kiev pour défendre leur pays. «L'Ukraine ne sera pas une dictature, ce sera un pays indépendant et européen. Défendons l'Ukraine!», a-t-il lancé.

Après avoir initialement refusé de rencontrer les manifestants, le président Ianoukovitch a reçu mercredi trois des principaux leaders de la mobilisation pour négocier une solution.

L'assaut de la police à Kiev est survenu alors que l'attention internationale était tournée vers la Suisse, où ont commencé mercredi des discussions de haut niveau visant à mettre fin à la guerre civile en Syrie.

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