NOUVELLES

Des millions de Syriens sont privés d'aide, dénoncent des organisations

22/01/2014 02:47 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

DAMAS, Syrie - La crise humanitaire provoquée par les trois ans de guerre civile en Syrie «défie les normes élémentaires d'un monde civilisé», ont déploré sept organisations internationales mercredi.

Les organisations ont appelé la communauté internationale à s'assurer que l'aide humanitaire soit acheminée aux millions de civils syriens coincés dans les combats. Quelque neuf millions de Syriens dépendent maintenant de l'aide des Nations unies pour survivre.

Cet appel survient alors que les deux parties en conflit en Syrie, de même que des représentants d'une quarantaine de pays, sont réunis en Suisse pour tenter de trouver une issue à la guerre.

Alors que le conflit s'enlise, les forces gouvernementales, et les rebelles dans une moindre mesure, ont assiégé des secteurs contrôlés par l'autre camp pour empêcher la nourriture, les médicaments et d'autres articles de première nécessité d'y entrer.

L'un de secteurs les plus durement touchés est celui de Yarmouk, au sud de Damas, où vit une importante communauté de réfugiés palestiniens. Selon des militants de l'opposition, quelque 50 personnes sont mortes de faim ou de maladies liées à la privation de nourriture depuis que le gouvernement a imposé un blocus du district, il y a un an.

Malgré plusieurs jours d'efforts, l'ONU n'a pu livrer que quelques centaines de colis de nourriture aux résidants de Yarmouk. Une maigre livraison de 26 colis permettant de nourrir 300 personnes a notamment été effectuée mardi, a indiqué un porte-parole des Nations unies, Chris Gunness.

La télévision libanaise Al-Mayadeen, qui est entrée dans le camp avec le convoi humanitaire, a diffusé un extrait où l'on voit un homme pleurer alors que sa femme tient leur bébé qui pleure.

«Ma fille urine du sang», dit l'homme. «S'il-vous-plaît, laissez-nous sortir de ce camp.»

Rami al-Sayed, un vidéaste qui vit dans le camp de Yarmouk, a affirmé que seule une petite quantité d'aide était entrée, parce que les responsables du gouvernement ont ordonné aux travailleurs humanitaires de distribuer les colis dans une zone ciblée par des tireurs d'élite.

Il a affirmé qu'il s'agissait d'une opération de relations publiques des autorités.

«Le régime veut des photos de gens recevant de la nourriture pendant qu'ils sont (en Suisse). Ils veulent montrer qu'ils n'imposent pas de blocus et n'affament pas les gens», a-t-il dit.

Les sept organisations ont appelé les dirigeants qui participent aux discussions en Suisse à faire pression en faveur d'un «accès humanitaire urgent en Syrie».

«La moitié du pays dépend maintenant de l'aide humanitaire et des millions de personnes n'ont toujours pas accès à une assistance essentielle à leur survie. Dans certaines régions, les maladies et la privation de nourriture sont répandus», affirment les organisations dans un communiqué.

Les signataires comprennent Amnistie internationale, Human Rights Watch, Oxfam international et CARE.

PLUS:pc