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Yémen: un délégué de la rébellion nordiste au dialogue national assassiné

21/01/2014 02:22 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

Un délégué des rebelles nordistes chiites au dialogue national au Yémen a été assassiné mardi à Sanaa alors qu'il se rendait à la dernière session de travail du dialogue, a indiqué à l'AFP un responsable de la sécurité.

Ahmad Charafeddine, un professeur de droit à l'Université de Sanaa, a été abattu par des hommes armés à un important carrefour de la capitale, a précisé cette source.

Cet assassinat, le deuxième à viser un représentant des rebelles zaïdites (branche du chiisme) d'Ansarullah au dialogue en l'espace de deux mois, intervient alors que des combats opposent la rébellion à des tribus ainsi qu'à des fondamentalistes sunnites dans le nord du pays.

"Des hommes armés ont ouvert le feu sur Ahmad Charafeddine alors qu'il se rendait en voiture de son domicile à l'hôtel abritant les séances du dialogue national", a indiqué le responsable de la sécurité à l'AFP, précisant qu'il est mort sur le coup.

Le président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui présidait la dernière session du dialogue, a assuré sous les applaudissements que "le dialogue se poursuivra et réussira, et les forces du mal échoueront", alors que plusieurs délégués d'Ansarullah quittaient la salle.

Le chef de l'Etat a annoncé qu'une cérémonie marquant la clôture du dialogue se tiendrait le 25 janvier.

L'émissaire spécial de l'ONU au Yémen, Jamal Benomar, a déploré dans un communiqué l'assassinat de Charafeddine et estimé qu'il s'agissait d'une "tentative desespérée de faire échouer le dialogue".

Le Yémen est le seul des pays du Printemps arabe où un soulèvement populaire a abouti à un départ négocié de l'ancien président, Ali Abdallah Saleh.

En vertu d'un accord de transition, un dialogue entre toutes les forces politiques devait s'achever le 18 septembre et déboucher sur l'élaboration d'une nouvelle Constitution pour permettre la tenue d'élections générales.

Mais la conclusion du dialogue avait été retardée car elle se heurtait à plusieurs obstacles, notamment les demandes d'autonomie des sudistes.

Le 22 novembre, le député député Abdel Karim Jadban, également représentant d'Ansarullah au dialogue, avait été tué par des inconnus alos qu'il sortait d'une mosquée.

La situation est instable à Sanaa où un diplomate iranien a été abattu par balles samedi. L'Iran est accusé d'aider la rébellion zaïdite, en conflit ouvert avec les fondamentalistes sunnites dans le nord du pays.

Les zaïdites sont majoritaires dans le nord du Yémen, alors qu'à l'échelle nationale, les sunnites sont prédominants.

Depuis des mois, des combats opposent la rébellion zaïdite à des fondamentalistes dans le nord du pays.

Un accord de cessez-le-feu a été conclu le 11 janvier entre les deux parties à la faveur d'une médiation de la présidence. Mais des combats ont éclaté à la fin de la semaine dernière entre la rébellion et la puissante tribu des Hached dans la province d'Omrane, et ont fait 22 morts en deux jours.

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