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USA: le gouvernement fédéral demande au Texas d'ajourner l'exécution d'un Mexicain

21/01/2014 06:02 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

Le gouvernement fédéral américain a mis la pression mardi sur l'Etat du Texas pour qu'il repousse l'exécution prévue mercredi d'un Mexicain en violation du droit international.

"Nous demandons simplement un ajournement de l'exécution jusqu'à ce que nous puissions voir si le fait qu'il n'a pas joui de ses droits consulaires conformément à la Convention de Vienne a été ou non préjudiciable", a résumé une porte-parole du département d'Etat, Marie Harf.

L'exécution d'Edgar Tamayo Arias, un ressortissant mexicain de 46 ans, est programmée mercredi à 18H00 (23H00 GMT) à Huntsville, au Texas (sud).

Moult appels et interventions diplomatiques et judiciaires tentent jusqu'au bout d'éviter la mise à mort d'un homme, certes condamné pour le meurtre d'un policier, mais privé de ses droits consulaires qui auraient pu lui épargner la peine capitale.

Selon la Convention de Vienne de 1963, ratifiée par 175 pays dont les Etats-Unis, "l'administration pénitentiaire doit veiller à ce que le ressortissant soit avisé des droits qui sont les siens, et notamment de son droit à informer ses représentants consulaires". Le consulat est de son côté tenu de lui "prêter secours et assistance", de le rencontrer en prison et de le représenter devant les tribunaux.

Le secrétaire d'Etat John Kerry est intervenu fin 2013 pour retarder l'exécution, insistant dans une lettre en septembre adressée au gouverneur du Texas Rick Perry sur l'importance de ce cas au niveau diplomatique.

Car les Etats-Unis redoutent qu'en cas de non respect des droits consulaires pour les étrangers emprisonnés sur leur sol, les ressortissants américains condamnés et emprisonnés partout dans le monde subissent le même sort.

Mme Harf a rappelé mardi que son ministre John Kerry avait écrit au gouverneur Perry et a précisé que des fonctionnaires du "département d'Etat et du ministère de la Justice avaient rencontré le 14 janvier le bureau du ministère de la Justice du Texas pour discuter de l'affaire Tamayo."

"Le dialogue se poursuit et nous avons fait connaître très clairement notre position: c'est un dossier qui peut avoir un impact sur l'accès consulaire que nous accordons aux ressortissants américains arrêtés à l'étranger", a insisté Marie Harf.

La porte-parole a indiqué que l'affaire avait été abordée vendredi entre M. Kerry et son homologue mexicain Jose Antonio Meade lors d'un entretien au département d'Etat.

Quelque 200 personnes ont défilé mardi à Cuernavaca, une ville située à 80 km au sud de Mexico, pour protester contre l'exécution prévue mercredi d'Edgar Tamayo Arias.

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