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Un attentat fait quatre morts dans un quartier chiite de la capitale libanaise

21/01/2014 08:37 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

BEYROUTH - Un véhicule piégé a explosé mardi dans un quartier chiite du sud de la capitale libanaise, tuant au moins quatre personnes dans cette plus récente attaque visant des partisans du Hezbollah.

Il s'agissait du deuxième attentat en un mois dans le quartier Haret Hreik de Beyrouth. Une série d'attentats a frappé le Liban récemment, alors que la guerre civile en Syrie déborde de plus en plus sur le territoire de son petit voisin, touchant autant les sunnites que les chiites.

Des milliers de personnes se sont rassemblées dans le quartier mardi après l'explosion, selon les images diffusées par la chaîne télévisée Al-Manar, propriété du Hezbollah.

L'explosion a dévasté les vitrines des magasins et mis le feu à plusieurs véhicules dans une rue commerciale très fréquentée. Les images montraient des ambulanciers transportant un homme sur une civière, alors que des flammes s'élevaient sur la façade d'un édifice à proximité. Des débris jonchaient le sol.

La Croix-Rouge libanaise a déclaré qu'en plus des quatre personnes tuées, l'explosion avait fait 35 blessés.

Un groupe extrémiste, le Front al-Nosra au Liban, a revendiqué la responsabilité de l'attaque, affirmant qu'il s'agissait de représailles pour l'appui du Hezbollah au régime de Bachar el-Assad en Syrie. La revendication, qui n'a pas pu être vérifiée de source indépendante, a été publiée sur le compte Twitter du groupe. Son nom laisse croire à des liens avec le Front al-Nosra en Syrie, l'une des plus importantes factions rebelles qui entretient des liens avec Al-Qaïda.

Les médias libanais affirment que l'attaque a été perpétrée par un kamikaze au volant d'un véhicule piégé. Un responsable de la sécurité a déclaré, sous le couvert de l'anonymat, qu'il s'agissait d'un véhicule volé rempli de 20 kilos d'explosifs.

«Il y avait une voiture qui faisait des "bips", puis elle a explosé», a déclaré un témoin anonyme à une station de radio libanaise. «Puis nous avons vu des gens au sol, comme c'est le cas chaque fois.»

Des attaques semblables ont visé des régions chiites du Liban au cours des derniers mois. La semaine dernière, un autre attentat à la voiture piégée a frappé la ville de Hermel, près de la frontière libanaise, faisant trois morts et plus de 20 blessés.

Le 2 janvier, un attentat survenu dans le quartier Haret Hreik de Beyrouth, à quelques mètres du lieu visé mardi, a tué cinq personnes.

La communauté sunnite a aussi été visée, notamment lors d'un attentat à la bombe en décembre à Beyrouth qui a tué le politicien Mohammed Chatah.

Peu après l'attentat de mardi, des affrontements ont éclaté dans la ville de Tripoli, dans le nord du Liban, faisant au moins un mort, a indiqué un responsable de la sécurité. Tripoli, qui comprend plusieurs quartiers sunnites et chiites, a connu plusieurs affrontements interreligieux liés à la guerre en Syrie, qui ont fait des dizaines de morts.

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