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Ukraine: les lois contre les manifestations vont entrer en vigueur

21/01/2014 05:16 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

Des lois qui durcissent les sanctions contre les manifestants, ont été publiées mardi au journal officiel ukrainien et vont entrer en vigueur, au troisième jour d'affrontements très violents à Kiev et malgré les mises en garde des Occidentaux.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a jugé que la situation était en train "d'échapper à tout contrôle" et a dénoncé le soutien "indécent" apporté selon lui à l'opposition par les Européens.

Ceux-ci ont accusé le pouvoir ukrainien d'avoir provoqué l'escalade de la violence en adoptant ces lois plus répressives.

Golos Ukraïny (la Voix de l'Ukraine), le journal du Parlement, a publié les nouvelles lois qui durcissent, jusqu'à des peines de 5 ans de prison, les sanctions potentielles contre les manifestants qui ont installé depuis deux mois un campement et des barricades dans le centre de Kiev, ou occupent des bâtiments officiels.

Ces lois concernées entrent en vigueur au soir du jour de publication, c'est-à-dire mercredi à 00H00.

L'adoption de ces lois la semaine dernière a relancé la mobilisation. Dimanche, environ 200.000 personnes se sont réunis sur la place de l'Indépendance pour les dénoncer.

Les violences entre forces de l'ordre et manifestants, à coups de cocktails Molotov et de tirs de balles en caoutchouc se poursuivent depuis dimanche dans la capitale, multipliant le nombre de blessés.

Blessés aux yeux

Selon un correspondant de l'AFP sur place, plusieurs journalistes ont été grièvement blessés au yeux par les tirs de projectiles des forces de l'ordre, qui apparemment visaient la tête.

Deux journalistes du service ukrainien de la radio américaine Radio Free Europe/Liberty ont affirmé dans une vidéo, où ils apparaissent le visage recouvert de bleus, avoir été battus et roué de coups par les forces de l'ordre alors qu'ils couvraient les heurts.

Selon le département de la santé et le ministère de l'Intérieur, près de 200 personnes, policiers et civils inclus, ont été blessés depuis dimanche.

Selon des sources médicales, au moins une personne a eu la main amputée et plusieurs ont perdu la vue.

Au total, 32 personnes ont été arrêtées, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Dans la nuit de lundi à mardi, des milliers d'opposants ont encore passé la nuit dans les rues, malgré les températures avoisinant les -10°C, retranchés derrière de nouvelles barricades constituées de fourgons de police et d'autobus incendiés pendant les heurts.

Une catapulte en bois a également été construite et installée non loin du parlement.

Le président Viktor Ianoukovitch a estimé lundi soir que les manifestations se transformaient en "troubles massifs", et le Parquet général a parlé de "crimes contre l'Etat".

L'opposition voit des "provocateurs"

"Imaginez que cela se passe dans n'importe quel pays de l'Union européenne. Possible? On ne l'aurait jamais permis", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse à Moscou.

L'opposition a de son côté accusé des "provocateurs" amenés selon elle a dessein pour déstabiliser la situation.

Le président ukrainien, auquel les manifestants reprochent sa volte-face en novembre, lorsqu'il a brusquement renoncé à signer un accord d'association avec l'UE au profit d'un rapprochement avec la Russie, a promulgué vendredi soir les lois controversées malgré les mises en garde occidentales, et les menaces de sanctions.

Les textes, votés à main levée au Parlement, prévoient des peines de prison de 15 jours pour l'installation de tentes ou d'estrades dans des endroits publics et jusqu'à cinq ans de prison pour les personnes bloquant des bâtiments officiels.

Un autre texte oblige les ONG bénéficiant de financements occidentaux à s'enregistrer en tant qu'"agent de l'étranger", comme cela a été instauré en Russie après les manifestation de l'hiver 2011-2012, qui ont été suivies d'une mise au pas des principaux critiques du pouvoir.

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