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Taux d'intérêt: la Banque du Canada devrait s'abstenir d'agir

21/01/2014 08:09 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Les économistes ne s'attendent pas à ce que la Banque du Canada change les taux d'intérêt, mercredi, ou modifie sa position neutre concernant des changements à venir, mais ils porteront une oreille attentive à ce que la Banque centrale aura à dire à propos du faible taux d'inflation, qui demeure sous la tendance désirée d'un pour cent.

Mais un doctorat pourrait être nécessaire pour saisir les significations cachées dans ce qui s'annonce être un texte minutieusement rédigé, estime Benjamin Tal, économiste en chef pour les Marchés mondiaux de la CIBC.

Selon lui, le faible taux d'inflation sera décrit comme étant «bas sur le long terme».

Aux yeux de M. Tal, la Banque pourrait indiquer que cette situation est attribuable à une faible concurrence, mais l'économiste croit que les experts de l'institution financière ne sont pas certains s'il s'agit d'une tendance à long terme. Il croit donc que la Banque prendra ses précautions pour parler de l'inflation.

Ce taux a augmenté de 0,9 pour cent en novembre, mais il s'agit du septième mois, sur la période des 13 derniers, où le taux officiel fut plus faible que la cible établie par la Banque — soit entre 1 et 3 pour cent. L'inflation s'est également constamment établie sous la barre des 2 pour cent, renforçant davantage les justifications de la Banque pour ne pas relever les taux d'intérêt.

Statistiques Canada a mentionné qu'il n'y avait eu que des augmentations modestes des prix des principaux biens dont dépendent les Canadiens — comme les aliments, l'énergie et les habitations.

La Banque du Canada a signalé qu'en octobre dernier, lorsque le gouverneur Stephen Poloz a soudainement abandonné une position d'austérité en place depuis 18 mois, le cours de la devise nationale a plongé. Le dollar vaut désormais 91,15 cents US.

Personne à la Banque centrale ne perd cependant le sommeil en raison du recul de la valeur du huard, dit M. Tal. En fait, il s'agit d'un avantage pour l'économie, dit-il.

La question que tous se posent consiste à savoir si la Banque «modifie» son message pour refléter ses intérêts, dit Derek Burleton, économiste en chef adjoint chez TD.

Le gouverneur Stephen Poloz a récemment dit être très inquiet à propos de la déflation de l'économie, ce qui explique en partie pourquoi le dollar continue de reculer, soutient M. Burleton.

La Banque pourrait souligner la nécessité de réduire les taux d'intérêt à moins que l'inflation ne reprenne du poil de la bête, mais il est peu probable qu'ils aillent aussi loin en raison des craintes par rapport à l'endettement des ménages, poursuit l'économiste.

«Ce sera certainement le statu quo, et vous savez, peut-être en marge du discours, une inquiétude un peu plus profonde à propos de la déflation, ce qui pourrait mener à un affaiblissement supplémentaire du dollar canadien.»

La semaine pourrait d'ailleurs s'avérer mouvementée, alors que Statistiques Canada doit dévoiler vendredi les données sur l'inflation du mois de décembre.

Benoît Durocher, premier économiste chez Desjardins, dit s'attendre à ce que le rapport de vendredi démontre que l'inflation se rapproche des cibles de la Banque.

«L'inflation est très basse en ce moment et le demeurera au cours des prochains mois», dit-il.

«La Banque du Canada devrait donc s'inquiéter de tout cela. Mais puisque nous croyons que le taux d'inflation rejoindra bientôt la cible, la Banque devrait prendre le tout de façon sereine, et je ne pense donc pas que cette situation sera mentionnée, ce qui pourrait être interprété comme une intention d'abaisser les taux d'intérêt au pays.»

Statistiques Canada a rapporté mardi que les ventes manufacturières avaient augmenté de 1 pour cent en novembre, pour s'établir à 50,5 milliards $, soit la sixième progression en sept mois.

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