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Pakistan: l'armée bombarde et annonce 25 rebelles tués en réponse aux attentats

21/01/2014 02:37 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

L'armée pakistanaise a annoncé mardi avoir bombardé des repaires rebelles du nord-ouest et tué 25 insurgés en représailles aux deux attentats qui ont fait au moins 39 morts, dont 34 militaires, les deux jours précédents.

"25 terroristes ont été tués la nuit dernière" dans des bombardements aériens de l'armée qui ont également détruit leurs "repaires" dans le Waziristan du Nord, a déclaré à l'AFP un haut responsable de l'armée.

Ces bombardements et leur bilan ont été confirmés à l'AFP par une source gouvernementale, mais pas de source indépendante.

Le Waziristan du Nord, l'une des sept zones tribales du nord-ouest pakistanais accolées à la frontières afghanes, est le principal repaire dans la région du Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), qui a revendiqué les deux attentats de dimanche et lundi, et de ses alliés combattants étrangers d'Al-Qaïda.

Les chasseurs de l'armée ont commencé à bombarder la zone vers 00H30 mardi (19H30 GMT lundi), a déclaré le haut responsable militaire, ajoutant que "quelques étrangers et un commandant des talibans pendjabis" figuraient parmi les victimes. Les talibans pendjabis sont une faction du TTP originaire de la province du Pendjab (est).

Selon un responsables des services de renseignement à Miranshah, capitale du Waziristan du Nord, les bombardements aériens se sont poursuivis mardi matin, provoquant la fuite de certains habitants de la zone.

Par ailleurs, dans la capitale Islamabad, la police a annoncé mardi avoir arrêté la veille trois hommes soupçonnés de vouloir commettre des attentats et retrouvé avec eux une centaine de kilos d'explosifs et du matériel servant à fabriquer des bombes, dans un quartier du sud-ouest de la ville.

"Les trois hommes, originaires des zones tribales, avaient loué une maison. Ils avaient avec eux des sacs remplis d'explosifs ainsi que des câbles et un système complet servant à les déclencher", a déclaré à l'AFP un responsable de la police.

Principal groupe rebelle du pays, le TTP mène depuis 2007 une violente rébellion contre le gouvernement dont il dénonce l'alliance stratégique avec les Etats-Unis et à qui il réclame l'instauration d'un régime islamique radical. Ses innombrables attaques, suicide notamment, ont fait plus de 6.600 morts dans le pays depuis 2007, mais ont été très rares à Islamabad, où sont installés le gouvernement et le parlement fédéral et les ambassades étrangères.

Les attaques de ces deux derniers jours soulèvent des questions sur la stratégie d'apaisement du Premier ministre Nawaz Sharif, revenu au pouvoir en mai dernier et qui a proposé des négociations de paix au TTP.

Ce dernier dit toujours intéressé à condition que l'armée évacue les zones tribales et que les Américains cessent de l'y bombarder avec leurs drones.

Des conditions, notamment la première, que peu d'observateurs jugent acceptables pour une armée de surcroît particulièrement meurtrie par les deux attentats de dimanche à Bannu (26 paramilitaires tués selon le dernier bilan) et lundi près de son QG à Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad (13 morts dont huit soldats). L'attaque de Bannu (nord-ouest) est la plus meurtrière pour l'armée depuis mai 2011.

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