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Le prédicateur Gülen dénonce la remise en cause du progrès démocratique en Turquie

21/01/2014 04:45 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

Le prédicateur musulman Fethullah Gülen, au coeur de la crise politique qui agite la Turquie, est sorti mardi de son silence pour accuser le gouvernement islamo-conservateur au pouvoir d'avoir depuis deux ans "inversé" le progrès démocratique dans le pays.

"Les citoyens turcs (...) sont mécontents que, au cours des deux dernières années, le progrès démocratique soit remis en cause", a déclaré M. Gülen, qui vit aux Etats-Unis depuis 15 ans, dans un entretien accordé au Wall Street Journal.

A titre d'exemple, le fondateur du mouvement baptisé "Hizmet" ("service" en turc) a dénoncé la volonté du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan de faire rejuger les centaines d'officiers de l'armée condamnés à de lourdes peines de prison en 2012 et 2013 pour avoir tenter de renverser son gouvernement.

"Une large part de la population turque, y compris des membres du +Hizmet+ ont soutenu l'AKP (Parti de la justice et du développement, au pouvoir) pour ses réformes démocratiques, sa volonté de mettre un terme à la tutelle exercée par l'armée sur la politique et pour faire avancer la Turquie vers l'intégration européenne", a-t-il souligné.

"Si (ces nouveaux procès) étaient organisés, cela constituerait un coup aux réformes démocratiques des dernières années", a mis en garde M. Gülen.

Depuis plus d'un mois, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan accuse le mouvement de M. Gülen, longtemps son allié, d'être à l'origine d'un "complot" ourdi pour renverser son régime à la veille des élections municipales de mars et présidentielle d'août 2014.

Le chef du gouvernement soupçonne la confrérie d'avoir constituer dans la police et la justice un "Etat dans l'Etat" pour manipuler les enquêtes judiciaires à l'origine, depuis la mi-décembre, de l'inculpation ou de l'incarcération de dizaines de patrons, hommes d'affaires et élus proches du pouvoir pour corruption, fraude et blanchiment.

M. Gülen a dénoncé mardi les purges massives engagées en réaction par M. Erdogan dans les rangs de ces deux institutions.

"Les mutations et les purges fondées sur l'idéologie, la sympathie ou l'opinion étaient une pratique du passé que le parti au pouvoir s'était engagé à arrêter avant d'arriver au pouvoir", a-t-il souligné.

A la tête d'un puissant réseau d'écoles, de centres culturels et de médias, M. Gülen a longtemps soutenu l'AKP de M. Erdogan, avant de se brouiller avec lui à la faveur d'un projet de suppression d'écoles privées qui constituent un manne pour son organisation.

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