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L'Iran exclue de la conférence Genève II: l'ONU se défend face aux critiques

21/01/2014 02:19 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT
AP
Demonstrators hold Syrian colored banners as they attend a protest against Iranian Foreign Minister Ali Akbar Salehi prior to a speech of Salehi at the German Council Of Foreign Relations, a think tank for foreign policy, in Berlin, Germany, Monday, Feb. 4, 2013. The banners read 'Freedom For Syria and in Arabic 'There is one Syrian Nation'. (AP Photo/Markus Schreiber)

L'ONU s'est vivement justifiée mardi d'avoir exclu l'Iran de la conférence de paix en Syrie, expliquant que Téhéran était revenu sur des engagements verbaux et que tous les participants devaient "négocier de bonne foi".

Le ministre iranien des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a accusé mardi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon d'avoir retiré "sous la pression" son invitation à cette réunion, dite de Genève II, et de cacher les "vraies raisons" de ce revirement.

Le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov a jugé que l'absence de l'Iran à la séance inaugurale de la conférence mercredi à Montreux (Suisse) était une "erreur".

M. Ban, a rappelé le porte-parole adjoint de l'ONU Farhan Haq, a eu de longues discussions avec M. Zarif qui "l'ont amené à conclure qu'il y avait un accord de principe verbal avec les Iraniens qui devait être concrétisé" ensuite sous la forme d'une "déclaration écrite".

L'accord portait selon l'ONU sur un soutien de l'Iran au "communiqué de Genève" signé par les grandes puissances le 30 juin 2012 et prévoyant un gouvernement de transition en Syrie. Mais Téhéran a ensuite rejeté lundi toute condition préalable à sa venue à Montreux, et M. Ban a annulé son invitation.

"Le communiqué de Genève est la base de ces discussions (à Genève II) et inviter quelqu'un à y participer s'il ne comprend pas quelle est la base des discussions n'aurait pas vraiment de sens", a souligné Farhan Haq.

Téhéran, principal allié régional du régime syrien, a toujours refusé d'endosser le "communiqué de Genève". Celui-ci appelle à la formation d'un gouvernement de transition ayant des "pleins pouvoirs exécutifs", laissant entendre que le président Bachar al-Assad pourrait perdre une bonne partie, voire la totalité de ses prérogatives.

Certes, a reconnu Farhan Haq, différents participants à la conférence "ont des positions radicalement différentes" sur l'avenir de la Syrie et du régime Assad. "Mais nous essayons de nous assurer qu'ils sont au moins en mesure de négocier de bonne foi".

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, qui souhaitent comme l'opposition syrienne le départ de Bachar al-Assad, avaient fait d'un soutien iranien à une transition démocratique une condition sine qua non de sa présence en Suisse. L'opposition syrienne avait menacé de boycotter la conférence si l'Iran était présent.

Farhan Haq a aussi laissé entendre que l'ONU avait certains doutes sur la représentativité de la délégation que l'opposition syrienne envoie à Genève, après de nombreuses défections dans ses rangs.

"Nous verrons demain, a-t-il dit, qui participe et s'exprime mais nous espérons toujours que la delégation à Montreux et à Genève sera largement représentative de l'opposition syrienne".

La Coalition de l'opposition syrienne s'est prononcée à une large majorité samedi dernier pour une participation à la conférence, qui s'ouvre mercredi à Montreux en présence d'une quarantaine de pays et se poursuivra entre délégations du régime et de l'opposition à Genève à partir de vendredi. Mais 45 de ses membres ont refusé de participer au vote et le Conseil national syrien (CNS), sa plus importante composante, a finalement renoncé à se rendre en Suisse.

Le porte-parole adjoint de l'ONU a aussi réaffirmé que les grandes puissances étaient au courant des discussions de M. Ban avec l'Iran et que celui-ci n'avait donc pas agi de sa propre initiative en annonçant dimanche soir que Téhéran était invité. "Bien sûr, le secrétaire général a été constamment en contact avec les Etats-Unis et d'autres parties prenantes ces derniers jours, y compris avant son annonce de dimanche soir", a-t-il déclaré.

Les Etats-Unis avaient immédiatement marqué leur distance, un haut responsable anonyme du département d'Etat enjoignant même M. Ban de "retirer" son invitation.

avz/rap

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