NOUVELLES

Inde: heurts entre police et sympathisants du chef de l'exécutif de Delhi

21/01/2014 07:15 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

La police indienne a chargé mardi une centaine de soutiens du ministre en chef de New Delhi pour les empêcher de rejoindre le sit-in organisé par le responsable de l'exécutif de la capitale contre les défaillances de la police.

Arvind Kejriwal, militant anti-corruption devenu en décembre ministre en chef de la ville, a exclu toute négociations au deuxième jour de son action menée pour réclamer une réforme du fonctionnement de la police jugée inefficace.

Les forces de l'ordre ont repoussé avec des bâtons, appelés lathis, une centaine de supporters de Kejriwal qui voulaient franchir les barricades menant au lieu du sit-in, provoquant quelques coupures et contusions chez les manifestants.

"Nous allons poursuivre notre protestation. Comment le ministre de l'Intérieur (Sushilkumar) Shinde peut dormir quand tant de crimes surviennent à Delhi, quand des femmes ne sont pas en sécurité à Delhi? Nous ne négocierons pas", a-t-il dit mardi matin à la presse.

Le ministre en chef de Delhi, qui a entamé lundi matin son action dans un parc situé près du ministère de l'Intérieur, a dormi sous une couverture avant d'être réveillé par le froid, la pluie et le vent mardi matin.

Kejriwal souhaite contrôler la police de Delhi, en proie à de fortes critiques sur son inefficacité et réputée corrompue, qui est jusqu'à présent sous l'autorité du ministère de l'Intérieur.

L'action de Kejriwal faisait la Une de la presse indienne mardi qui s'interrogeait sur la pertinence de son mouvement. "Le ministre en chef anarchiste plonge Delhi dans le chaos", titre le quotidien The Hindu.

Le sit-in se déroule sous l'oeil de nombreuses forces de l'ordre, toutes les routes menant au parc ont été barrées et la police filtre son accès, rendant difficile l'arrivée des sympathisants de l'Aaam Admi Party (AAP, parti de l'homme commun), le parti du ministre en chef de Delhi.

Plus de 1.300 policiers ont été déployés sur les lieux du sit-in, a dit le commissaire adjoint SPS Tyagi, à l'AFP.

"Depuis ce matin, les supporters ont tenté de franchir les barrières de sécurité plusieurs fois. Mais nous ne le permettrons pas", a-t-il précisé.

Le viol d'une étudiante à New Delhi en décembre 2012 a déclenché un large mouvement de protestation dans la capitale, en particulier contre l'immobilisme de la police et la justice.

Le ministre en chef de New Delhi entend profiter de ses bons résultats aux élections de New Delhi pour percer au niveau national lors des élections législatives qui auront lieu au printemps.

Mais l'un des membres de son exécutif, le ministre de la Justice de Delhi, a été mis en cause pour avoir voulu rendre justice par lui-même en arrêtant quatre femmes ougandaises qu'il soupçonnait de prostitution.

L'action de M. Kejriwal, si elle se poursuit, pourrait troubler les préparatifs du défilé militaire du "Republic Day" qui célèbre la constitution de la République indienne le 26 janvier 1950.

bb-tha-ef/fw

PLUS:hp