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Harper à la Knesset: les médias sont divisés sur son discours pro-Israël

21/01/2014 07:06 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

TORONTO - Les visites officielles du premier ministre Stephen Harper n'attirent habituellement pas l'attention des médias de la planète, mais son discours de lundi devant la Knesset israélienne a fait exception à la règle.

L'appui sans équivoque de M. Harper envers l'État hébreu et ses commentaires envers les autres pays ont fait les manchettes dans plusieurs pays.

Les articles étaient nombreux dans les médias israéliens, plusieurs commentateurs se penchant sur le contenu et la signification de l'allocution du premier ministre.

Mais l'aspect unique de ce discours devant le parlement israélien a même attiré l'attention de médias américains.

Des articles et des billets de blogue sur des sites bien connus, tels que le Wall Street Journal, le Washington Post et The Economist ont regroupé les réactions diverses publiées ailleurs dans le monde.

La presse israélienne fut majoritairement positive à propos du discours de M. Harper, durant lequel il a taxé d'antisémitisme ceux qui blâment l'État hébreu pour des problèmes au Moyen-Orient.

Dans un éditorial, le quotidien Haaretz souligne toutefois que les éloges sans ambages de M. Harper n'auront qu'un bien faible impact sur la suite des négociations de paix qu'il affirme soutenir, écrivant plutôt que ses mots pourraient alimenter les troubles politiques en Israël.

«Son discours n'a fait qu'alimenter l'instinct de répression de Nétanyahou et renforcé ses sentiments de victimisation et d'isolationnisme qui existent déjà chez lui», poursuit l'éditorial.

«Harper a fait reculer Nétanyahou de plusieurs mois en ce qui concerne son point de vue du processus de paix.»

La couverture limitée du discours dans les médias arabes fut sans grande surprise négative, avec quelques appels pour que le Canada s'implique moins dans le complexe jeu politique en cours dans la région.

Du côté de la branche anglophone d'Al-Jazira, on se dit «estomaqué» par le propos du premier ministre, soulignant par ailleurs que la position de M. Harper se distinguait de celle, plus nuancée, qui est affichée sur des sites gouvernementaux officiels.

L'article critique M. Harper pour ses points de vue passéistes à propos d'Israël, et avance l'argument voulant que la réputation du Canada puisse souffrir de cet unilatéralisme.

«Lorsque M. Harper quittera la politique, le Canada, ses habitants et ses fonctionnaires pourront certainement revenir à un rôle plus naturel mais, entre-temps, le coût est payé par l'effacement d'un pays exceptionnel: les positions de M. Harper sur la question du Proche-Orient importe moins que les dégâts provoqués à la réputation canadienne», mentionne l'éditorial.

Dans les médias occidentaux, le discours est principalement passé sous le radar, tandis que les articles étaient peu nombreux en Europe, et que l'allocution était traitée comme une curiosité aux États-Unis.

Chez The Economist, un billet de blogue a pour sa part remis en question l'utilité d'un tel appui envers Israël, en raison du faible volume d'échanges commerciaux entre les deux pays, et la taille relativement peu importante de l'électorat juif au Canada.

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