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France : le retour en couture de Vionnet, avec Hussein Chalayan

21/01/2014 02:58 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

La maison centenaire Vionnet a fait son retour en couture mardi à Paris, avec une collection créée par le Britannique Hussein Chalayan, qui a défilé après les Français Bouchra Jarrar et Stéphane Rolland.

- Vionnet, tout en suggestion

Vionnet, qui défile déjà dans le prêt-à-porter, revient également en couture. Madeleine Vionnet, qui créa sa maison en 1912, est considérée comme l'une des plus grandes couturières françaises. En 2012, une femme d'affaires kazakh, Goga Ashkenazi, a repris cette maison.

Elle a fait appel récemment au créateur britannique Hussein Chalayan, pour la ligne "demi couture". Il s'agit, selon la maison, de "mixer l'artisanat de la haute couture traditionnelle avec l'accessibilité du prêt-à-porter". Il devrait ainsi y avoir moins de prises de mesure qu'en haute couture, explique la maison.

Hussein Chalayan a exclusivement présenté des robes du soir très longues, souvent près du corps, qui semblent réservées aux jeunes femmes (très) bien faites.

Les premières sont composées de superpositions de couches d'organza, dans des tons pastels, qui laissent voir le corps en transparence. Elles sont coupées au laser. Le créateur, connu pour son travail avant-gardiste et son sens de la provocation, associe ensuite tissus fluides, plissés, transparents, et tissus technologiques plus rigides. Il rend hommage à la couture avec un imprimé, qui fait penser à un patron de couturière.

- La haute couture en pantalon de Bouchra Jarrar

Après avoir travaillé chez Balenciaga et Christian Lacroix, Bouchra Jarrar a lancé sa maison en 2010. Elle est rapidement devenue une incontournable dans le calendrier des défilés, et a obtenu fin 2013 l'appellation "haute couture", rejoignant quatorze autres maisons françaises, dont Chanel, Dior et Gaultier.

En vingt-six silhouettes elle a donné mardi sa vision d'une élégance moderne, avec seulement trois robes longues. Ces "robes tubes", en satin cuir fluide, noire, gris anthracite puis bleu "maison", assez électrique, font penser à un travail d'architecte.

Pour le jour et le soir, elle privilégie les pantalons, "d'uniforme", comme elle les appelle, ou "tube" en lamé bleu acier, ou encore les pantalons smoking pincé. Ils se portent avec un bolero gansé de plumes, une redingote tissée main, une veste perfecto brodée.

Au premier rang du défilé, Olivier Saillard, directeur du musée Galliera, musée de la mode de Paris, qui fait l'éloge de Bouchra Jarrar. Elle est "plus proche d'un style tailleur pour homme que d'une haute couture fantaisie qui transforme les femmes en meringue", souligne-t-il et vante sa "précision". Sa collection? "C'est un travail qui récompense... des années de travail", juge-t-il. "Et j'aime bien les filles en pantalon du soir. Les robes, c'est un peu un archaïsme", lâche-t-il.

- Les femmes-papillons de Stéphane Rolland

Stéphane Rolland a, lui, présenté une collection dominée par les robes. Ses femmes-fleurs et femmes-papillons prennent leur envol entre le crépuscule et l'aube. Le couturier signe un vestiaire au service de l'hyper-féminité, démultipliant les volumes avec des effets de pétales et feuillages nervurés grâce à des broderies ou découpes sculpturales. Les modèles monochromes sont jaunes, blancs ou noirs.

Seule la mariée-papillon est en orange. Elle déploie ses ailes grâce à une spectaculaire robe à longue traîne qui a nécessité 200 mètres de gazar peints à la main et 200 heures de travail dans les ateliers.

Marqués parfois par le retour nostalgique du vinyle si cher à Paco Rabanne, Courrèges et Pierre Cardin, robes et combinaisons-pantalons s'agrémentent d'arches d'organza, de cuir vernis ou de plastrons de tulle quasi transparente créant de faux décolletés à s'y méprendre. Stéphane Rolland plaide pour "une femme déterminée et lumineuse", engagée dans "une nouvelle modernité". La sensualité en prime.

La haute couture continue mardi soir avec le défilés Armani privé.

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