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Calvillo part la tête haute

21/01/2014 11:14 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le vétéran quart des Alouettes Anthony Calvillo a tiré sa révérence mardi, après une carrière de 20 saisons dans la Ligue canadienne de football, dont 16 à Montréal.

Un texte de Jean-François Chabot Twitter Courriel

C'est dans un point de presse solennel et la gorge nouée par l'émotion que Calvillo a officiellement annoncé qu'il avait disputé son dernier match. Tenu à l'écart du jeu pendant la majeure partie de la saison 2013 en raison d'une commotion cérébrale (il n'a pris part qu'à 7 rencontres), Calvillo a indiqué qu'il ne souffrait plus des symptômes reliés à sa blessure.

Si une deuxième carrière d'entraîneur l'intéresse, elle ne commencera pas avant la saison 2015. « Je veux connaître la joie de passer un été avec ma famille. Je vais aussi consacrer du temps (jusqu'en avril) à terminer ma formation universitaire », a expliqué Calvillo.

Sa blessure n'a pas été le facteur déterminant dans sa décision. « Je sentais la saison dernière que je ne jouais plus avec le même plaisir, ni la même intensité, ni le niveau que je juge acceptable. C'est pour ça que j'ai su dès la fin de la saison que je ne serais pas de retour. »

Il raccroche ses crampons après avoir réécrit le livre des records de la LCF. Calvillo, 41 ans, compte trois Coupes Grey (2002, 2009 et 2010) toutes remportées à titre de général de l'attaque des Alouettes en huit participations à la grande finale.

Il a totalisé 79 816 verges de gains par la passe, un record du football professionnel toutes ligues confondues. Rien de moins que 455 de ses 5892 passes complétées l'ont été pour des touchés.

Seulement 224 de ses 9437 passes tentées ont été interceptées. Pas réputé pour ses talents de porteur de ballon, il a tout de même réalisé 682 courses pour des gains de 3688 verges et 34 touchés.

Un exemple de persévérance

Cet Américain d'origine latine est né en Californie. Malgré des statistiques éloquentes dans les rangs universitaires avec Utah State, Calvillo n'a jamais été repêché par une équipe de la NFL.

En 1994, il est sélectionné par le Posse de Las Vegas, une franchise née de l'expansion de la LCF aux États-Unis. L'équipe rend l'âme un an plus tard et Calvillo se retrouve en tant que quart substitut derrière Matt Dunigan avec les Tiger-Cats à Hamilton.

Devenu joueur autonome en 1998, il accepte l'offre des Alouettes et peaufine son art aux côtés de Tracy Ham.

Bon élève, il sera récompensé avec 3 titres de joueur par excellence (2003, 2008, 2009), 5 sélections dans l'équipe d'étoiles de la LCF et 10 dans l'équipe de la Division est.

Des qualités sportives et humaines

Nombreux sont ceux qui ont tenu à souligner les qualités athlétiques et humaines de Calvillo. En personne ou par l'entremise de la vidéo, les éloges ont fait l'unanimité.

Habituellement bavard, le directeur général (et, jusqu'à preuve du contraire, également entraîneur-chef) Jim Popp a été pris par une émotion intense. Réduit au silence par les sanglots durant de longues minutes, le patron a souligné le professionnalisme de celui qui a porté l'équipe sur ses épaules durant tant d'années.

Popp s'est plu à rappeler la grande capacité d'adaptation de Calvillo, qui a joué sous la férule de 9 entraîneurs-chefs et de 13 coordonnateurs offensifs, sans parler des deux saisons à choisir lui-même les séquences de jeux. « Anthony a aussi eu plus de 2000 coéquipiers différents si l'on tient compte de tous les joueurs invités à nos camps d'entraînement », a insisté Popp.

D'anciens entraîneurs comme Marc Trestman, et d'anciens coéquipiers comme Éric Lapointe, Jock Climie et Ben Cahoon ont ajouté leurs voix au concert d'éloges.

Lapointe a bien résumé le point de vue des joueurs. « C'est le plus grand champion. Grâce à lui, chaque année, on savait que l'on avait une chance de gagner et de devenir nous aussi des champions. J'ai participé à quatre finales de la Coupe Grey et je lui dois mon unique bague. »

Des hommages venus des autres équipes et d'anciens adversaires de Calvillo ont aussi été rendus publics, notamment de la part de Jim Hufnagel, Adrian MacPherson et Dave Dickenson des Stampeders de Calgary.

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