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Anthony Calvillo aura réussi à surmonter l'adversité en tant qu'homme et athlète

21/01/2014 11:16 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - C'est dans l'adversité qu'on prend la mesure d'un athlète, mais aussi celle d'un homme. La carrière d'Anthony Calvillo, qui a officiellement pris fin mardi, en est l'illustration parfaite.

Au-delà des statistiques et des records qui font de lui le meilleur passeur de tous les temps dans la LCF, l'héritage que laissera Calvillo sera celui d'un athlète et d'un homme qui aura réussi à surmonter les pires obstacles.

Par exemple, cette réputation qu'on lui prêtait de céder sous la pression dans les moments importants. Il aura finalement répondu à cela avec deux conquêtes d'affilée de la Coupe Grey en 2009 et 2010, qui est venue s'ajouter au titre de 2002.

C'est là un des exploits, reconnaît-il, dont il est le plus fier.

«Quand tu obtiens des résultats spectaculaires en saison régulière et que les choses ne fonctionnent pas dans les séries, c'est difficile», a reconnu le Californien de 41 ans, mardi, à la suite de la conférence de presse où il a officiellement annoncé sa retraite après 20 ans dans la LCF, dont 16 avec les Alouettes de Montréal.

«Mais je n'ai jamais douté de moi-même, je n'ai jamais abandonné. Je m'efforçais toujours de retrouver ma concentration et de me préparer en vue de la saison suivante.

«Au début de ma carrière, je n'acceptais pas cette adversité et je m'écrasais. Mais quand je suis arrivé à Montréal et que nous avons remporté la Coupe Grey (en 2002), puis perdu d'autres matchs de championnat, je ne me suis pas effondré. J'ai accepté de faire face à l'adversité et j'ai essayé de bâtir là-dessus.»

Calvillo a vécu là une dure épreuve, concède-t-il, mais il a ensuite vécu pire à l'hiver 2010-11, quand on craignait la présence d'un cancer à la thyroïde. L'ablation de la glande lui a permis de recouvrer la santé et de poursuivre sa carrière.

«Il n'y a rien de pire qu'être malade. Ce n'est comparable à rien d'autre», a dit Calvillo, qui a poursuivi sa carrière avec l'aide des partisans, qui se préoccupaient tous de sa santé lorsqu'ils le croisaient, et non de ses performances sur le terrain.

Au bout du compte, c'est la commotion cérébrale subie l'été dernier qui l'a convaincu de prendre sa retraite. Ça, et le fait qu'il n'a pas eu de plaisir à jouer au football en 2013, ni été en mesure de produire à son niveau habituel.

«Je ne voulais plus exposer ma tête à ce genre de risque», a-t-il résumé, en notant que la décision de prendre sa retraite était prise à «99 pour cent» dès la fin de la dernière saison.

Calvillo a par ailleurs annoncé une bonne nouvelle puisqu'il ne souffre maintenant d'aucune séquelle découlant de sa commotion cérébrale.

«On m'a annoncé le diagnostic en décembre et je n'entrevois pas de séquelles à long terme», a-t-il fait savoir.

«J'ai ensuite été rassuré quand je suis allé avec ma famille en Californie, et que j'ai fait un premier tour en montagnes russes avec mes filles. J'étais un peu nerveux, mais nous sommes allés dans la boucle et ensuite dans les virages, et je n'ai rien senti. Je me suis dit que c'était un bon signe et je n'y pense plus tellement maintenant.»

Calvillo continue de stimuler son cerveau cet hiver, alors qu'il s'est inscrit de nouveau à l'université où il a joué plus jeune, Utah State, dans le but de récolter les 15 crédits qui lui manquent pour obtenir son baccalauréat.

«Je voulais montrer à mes deux filles l'importance de compléter ses études», a-t-il dit en parlant d'Olivia et Athena, qui était présentes aux côtés de leur mère Alexia pendant la conférence de presse.

Calvillo suivra un stage non-rémunéré ce printemps chez les Alouettes dans le cadre de ses études. Il observera alors le travail du directeur général Jim Popp et les rouages du système de dépistage du club.

Calvillo a dit vouloir entreprendre une carrière d'entraîneur, mais pas avant un an parce qu'il veut d'abord profiter d'un été de congé avec sa famille.

«C'est très clair dans ma tête que je veux explorer cette voie et que je ne veux pas aller ailleurs qu'ici pour le faire», a-t-il affirmé, en précisant que jamais les Alouettes ne lui ont offert un poste de coordonnateur à l'attaque en vue de la saison 2014, les discussions n'étant pas allées jusque-là.

Calvillo ne quittera pas le giron des Alouettes puisqu'il continuera entre-temps d'agir en tant qu'ambassadeur chez les Alouettes. Et lorsqu'il sera prêt, c'est probablement un poste de responsable des quarts qui l'attendra.

«Anthony a adopté la bonne approche en voulant y aller graduellement, a commenté Popp. Il pourra en profiter pour observer comment les autres entraîneurs travaillent, apprendre d'eux.»

Les grands joueurs ne deviennent pas toujours des grands entraîneurs, mais Calvillo a les atouts pour réussir, selon Popp.

«Anthony a toujours dû travailler fort pour ce qu'il a obtenu, a noté le d.g. Il a été un quart partant à l'âge de 22 ans, mais par la suite il ne l'a plus été pendant une certaine période et quand il est arrivé avec nous, il était le réserviste de Tracy Ham. Il a accepté ce défi et en a profité pour apprendre et grandir.

«Anthony est très méthodique, très patient, il veut faire les choses correctement, a ajouté Popp. Et quand on le met dans une situation où il doit produire, il le fait à un très haut niveau. C'est ce qui me fait croire qu'il va être un très bon entraîneur.»

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