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Allègements de charges en France: Hollande veut des contreparties, sans les chiffrer

21/01/2014 09:31 EST | Actualisé 23/03/2014 05:12 EDT

Le président François Hollande a prévenu mardi qu'il exigerait des contreparties "mesurables" aux allègements de charges promis aux entreprises, sans toutefois chiffrer les créations d'emplois attendues, faisant de la lutte contre le chômage la mère de toutes ses batailles.

"Quel voeu formuler pour 2014? Le seul qui vaille, le seul qui nous engage, le seul qui compte, c'est l'emploi", a lancé le chef de l'Etat, qui présentait les objectifs de son "pacte de responsabilité" à l'occasion de ses voeux aux partenaires sociaux réunis sous les ors de la salle des fêtes de l'Elysée.

"C'est maintenant que tout se joue", a-t-il insisté, parlant même d'une "démarche de salut public" devant le Premier ministre Jean-Marc-Ayrault, une dizaine de membres du gouvernement et plus d'une centaine de responsables patronaux et syndicaux, au premier rang desquels le patron des patrons, Pierre Gattaz.

Sur les contreparties demandées aux entreprises, le président Hollande s'est en revanche contenté d'un discours de principes, laissant aux partenaires sociaux le soin de les arrêter dans le détail. Elles devront être "claires, précises, mesurables" en termes de créations d'emplois, avec deux priorités, les jeunes et les seniors, a-t-il tout juste prôné.

Alors que le chômage touche 3 millions de Français, la "bataille pour l'emploi" relève de l'urgence, a-t-il dit.

Le calendrier lui est clairement fixé avec une "grande conférence économique et sociale" au printemps pour arrêter les termes précis du pacte.

En social-démocrate désormais assumé, François Hollande a vanté la méthode "du dialogue social", qui "a fait ses preuves", appelant à "la participation de tous".

Quant au volume des allègements de charges que Pierre Gattaz souhaitait voir précisé, François Hollande a confirmé qu'il serait de l'ordre de 30 milliards d'euros avec la suppression d'ici à 2017 des cotisations familiales pesant sur les entreprises.

Interrogé après l'allocution présidentielle, le patron du Medef est resté sur sa faim, exprimant sa "forte inquiétude" devant le "flou" des engagements présidentiels sur la fiscalité et la baisse des charges des entreprises tout comme la réduction des dépenses publiques, "clé de voûte de ce pacte de responsabilité", selon lui.

"Il faut que les engagements soient définis branche par branche avec des objectifs en terme d'embauches", a estimé au contraire le leader du syndicat CFDT, Laurent Berger, qui menace sinon de ne pas entrer dans la danse.

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