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Syrie: l'Iran ira à Genève II, refuse les conditions préalables

20/01/2014 12:48 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

L'Iran, principal allié régional du régime syrien, a annoncé lundi sa participation à la conférence de paix sur la Syrie dite Genève II, tout en refusant la condition préalable d'accepter la création d'un gouvernement de transition.

"Sur la base de l'invitation officielle (du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon), l'Iran participera à cette conférence sans condition préalable", a déclaré la porte-parole de la diplomatie Marzieh Afkham citée par l'agence officielle Irna.

La participation de Téhéran a déclenché une vague de contestation, l'opposition syrienne allant jusqu'à menacer de boycotter la conférence si l'Iran y participait. Elle a donné à l'ONU jusqu'à 19H00 GMT lundi pour retirer l'invitation de Téhéran.

"Des consultations intenses et urgentes" étaient en cours, a indiqué M. Ban, qui avait expliqué en invitant l'Iran que Téhéran s'était engagé à jouer "un rôle positif et constructif" pour mettre fin au conflit syrien.

La Russie, autre allié de Damas, a considéré que l'absence de l'Iran à la conférence serait une "erreur impardonnable".

Mais Washington, Paris, Londres et Ryad ont affirmé lundi que pour pouvoir participer à Genève II qui s'ouvre mercredi, Téhéran devait accepter le communiqué adopté à Genève le 30 juin 2012 appelant à un gouvernement de transition en Syrie.

Plusieurs hauts responsables de la République islamique ont cependant assuré que l'Iran refusait d'endosser le texte de Genève I.

"Si l'invitation de Ban Ki-moon est basée sur l'approbation du communiqué de Genève I, c'est une condition préalable et l'Iran ne l'acceptera pas", a assuré Ali Akbar Velayati, conseiller pour les affaires étrangères du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Si la conférence de Genève II doit donner "une légitimité aux accords de Genève I, l'Iran ne la considère pas comme une conférence légitime", a-t-il ajouté, cité par l'agence officielle Irna.

Le président du Parlement iranien, Ali Larijani, a lui aussi assuré que l'Iran ne pouvait accepter les conclusions de Genève I. "Nous n'étions pas présents à Genève I, nous ne pouvons donc en aucun cas accepter le communiqué (de 2012) et personne ne devrait émettre de condition" à la présence iranienne, a-t-il dit, cité par l'agence Isna.

Il a souligné "deux problèmes" soulevés par un éventuel gouvernement de transition en Syrie. "D'abord, il prive le peuple syrien du droit de choisir (son destin), ensuite il signifie laisser la Syrie tomber aux mains des terroristes", qualificatif donné par le régime à l'opposition armée syrienne, a-t-il expliqué.

"Les accords précédents qui étaient en ligne avec les intérêts des pouvoirs étrangers et des (groupes) réactionnaires dans la région ne peuvent pas être la base des prochaines négociations, et la décision du peuple syrien sera déterminante", a pour sa part affirmé le général Massoud Jazayeri, l'adjoint du chef d'état-major des forces armées iraniennes.

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