INTERNATIONAL

Harper annonce une aide de 66 M$ aux Palestiniens

20/01/2014 04:42 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT
ABBAS MOMANI via Getty Images
Canadian Prime Minister Stephen Harper (L) waves as he is welcomed by Palestinian President Mahmoud Abbas (R) upon his arrival for bilateral talks in the West Bank city of Ramallah on January 20, 2014. Canada is one of Israel's staunchest allies and was one of the few countries that opposed a successful Palestinian bid for upgraded status at the United Nations in 2012. AFP PHOTO ABBAS MOMANI (Photo credit should read ABBAS MOMANI/AFP/Getty Images)

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a rappelé lundi le soutien indéfectible de son gouvernement à la sécurité et l'intégrité d'Israël, dans un discours historique devant la Knesset, à Jérusalem, utilisant même le mot « antisémitisme » pour décrire le discours de certains intellectuels envers l'État hébreu.

Au deuxième jour de son voyage officiel dans la région, M. Harper est ainsi devenu le premier chef de gouvernement canadien à prendre la parole devant le Parlement israélien.

« Israël est le seul pays du Moyen-Orient à s'être ancré depuis longtemps dans les idéaux de liberté, de démocratie et de primauté du droit. Ou bien nous défendons [...] l'existence d'un État libre, démocratique et distinctement juif, ou bien nous amorçons un recul, sur le plan de nos valeurs et de nos intérêts dans le monde », a-t-il dit.

Le premier ministre canadien a rappelé qu'autant son gouvernement « soutient sans réserve le droit d'Israël à la légitime défense, autant il préconise depuis longtemps un avenir juste et sûr pour le peuple palestinien ».

Le premier ministre juge toutefois qu'il y a une politique du deux poids deux mesures quand la question israélienne est abordée au niveau international. Il a dit trouver déplorable que des pays ainsi qu'une certaine frange de la communauté intellectuelle expriment leur haine envers Israël et tiennent le pays responsable des problèmes au Moyen-Orient, une situation qu'il associe à un relativisme moral, qui mène à une nouvelle forme d'antisémitisme.

« Il s'agit du nouveau visage de l'antisémitisme. Un antisémitisme qui vise le peuple juif en prétendant viser Israël », a-t-il dit. Le premier ministre a aussi rappelé que son gouvernement refuse de critiquer Israël de façon isolée sur la scène internationale. 

Concernant la sécurité de l'État israélien, Stephen Harper a dit que le gouvernement canadien maintenait ses sanctions envers l'Iran, malgré l'engagement de Téhéran de ne pas fabriquer d'armes nucléaires.

Par ailleurs, Stephen Harper a été hué par deux députés d'opposition, qui ont quitté la salle pendant son discours.

Pour accéder à la couverture en direct à l'aide de votre appareil mobile, cliquez ici.

Une aide de 66 M$ aux Palestiniens

Plus tôt, le premier ministre a annoncé une contribution de 66 millions de dollars du Canada pour venir en aide aux Palestiniens. Il en a fait l'annonce lors de sa rencontre bilatérale avec le président Mahmoud Abbas.

Ces fonds, échelonnés sur une période de trois à cinq ans, devront servir à promouvoir le développement économique en misant sur l'esprit d'entreprise et la responsabilisation des femmes. Le Canada a également fait des programmes de promotion de la sécurité et de la professionnalisation du système judiciaire une priorité auprès de l'Autorité palestinienne.

Si ces fonds de 66 millions s'ajoutent aux 30 millions annoncés plus tôt cette année, le nouveau financement demeure bien en deçà des 300 millions sur cinq ans que le Canada avait jusqu'ici octroyés aux Palestiniens.

Plus tôt en journée, la délégation canadienne, composée de plus de 200 membres, a visité la Basilique de la Nativité à Bethléem. L'église, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2012, surplombe la grotte que beaucoup de gens croient être le lieu de naissance de Jésus-Christ.

Position canadienne

C'est la première fois que Stephen Harper se rend en Cisjordanie, où le parti pris pro-israélien de son gouvernement n'est pas passé inaperçu. Dans une entrevue à CTV, la semaine dernière, le négociateur en chef de l'Autorité palestinienne, Saeb Erekat, a indiqué qu'il considérait que le Canada était maintenant « une partie du problème et non de la solution » dans le règlement du conflit israélo-palestinien.

« Qu'avons-nous fait aux Canadiens? Qu'avons-nous fait pour que les Canadiens deviennent encore plus israéliens que les Israéliens eux-mêmes? », a-t-il déploré.

Interrogé sur le conflit israélo-palestinien, le premier ministre Harper a indiqué lors d'un point de presse lundi qu'il n'avait « aucune intention pendant ce voyage de critiquer de façon isolée l'État d'Israël ». « La position du Canada est connue des deux parties depuis longtemps », a-t-il poursuivi.

En réponse à la critique du négociateur en chef de l'Autorité palestinienne, Stephen Harper a affirmé que « le Canada comprend très bien les défis des Palestiniens. C'est pourquoi nous annonçons ce nouveau financement ». « Le Canada, dit-il, a une position de principe et c'est de trouver une solution à deux États, une position que les Canadiens comprennent et appuient. »

« Les enjeux et dossiers épineux doivent être négociés bilatéralement entre Israël et les Palestiniens », a-t-il ajouté.

De son côté, Mahmoud Abbas a affirmé qu'il respectait que le Canada fasse sa propre politique étrangère et que le pays peut reconnaître ce qui lui plaît - en référence au refus du Canada d'appuyer la reconnaissance palestinienne à l'ONU.

Il faut avant tout se concentrer sur le fait de bâtir des ponts, a poursuivi M. Abbas, en soulignant l'aide du Canada aux Palestiniens pour le développement économique et le renforcement des institutions.

Accueil royal en Israël

Stephen Harper a reçu les grands honneurs, dimanche, à son arrivée en Israël. Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou lui a notamment rendu hommage, en déclarant qu'il avait « adopté une position morale, prudente et courageuse » dans le conflit israélo-palestinien.

Il a également qualifié son homologue canadien de « grand ami d'Israël qui résiste fermement aux tentatives de délégitimation d'Israël ».

La presse israélienne a salué elle aussi la visite de Stephen Harper en Israël, le Jérusalem Post soulignant que l'accueil réservé au premier ministre canadien était « généralement réservé aux rois et aux chefs d'État ».

INOLTRE SU HUFFPOST

Quelques controverses du gouvernement Harper