NOUVELLES

Shelly Glover provoque un malaise en participant à une soirée-bénéfice

20/01/2014 07:03 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

La participation de la ministre du Patrimoine et des Langues officielles à une activité de financement organisée jeudi dernier par l'association conservatrice de sa circonscription continue de faire réagir.

Plusieurs se demandent si Shelly Glover a contrevenu à la Loi sur les conflits d'intérêts en prenant part à une soirée partisane où étaient invités des membres de la communauté artistique de Winnipeg qui reçoivent des subventions de son ministère.

Plusieurs des organismes conviés ont toutefois décidé de ne pas assister à l'événement comme le Musée des beaux-arts de Winnipeg.

Le président du Musée, Brian Bowman, a décliné l'invitation, jugeant sa présence inappropriée.

« En tant que président du Musée des beaux-arts de Winnipeg, je ne crois pas que c'est approprié pour moi de participer à un événement partisan. Dans l'invitation, ce n'était pas clair si ma participation était en tant que président. Je ne me sentais pas à l'aise d'y participer sur cette base », explique-t-il.

Selon l'article 16 de la Loi sur les conflits d'intérêts, « il est interdit à tout titulaire de charge publique de solliciter personnellement des fonds d'une personne ou d'un organisme si l'exercice d'une telle activité plaçait le titulaire en situation de conflit d'intérêts ».

Le fait qu'un ministre assiste à une collecte de fonds où sont présents des bénéficiaires de son ministère contrevient en effet aux directives du Commissariat aux conflits d'intérêts et à l'éthique.

Une soirée-bénéfice qui pourrait être coûteuse pour la ministre

Pour l'analyste politique, Michel Lagacé, cette polémique pourrait nuire à la réputation de Shelly Glover.

« Même s'il y n'avait pas de règle ou de lois, officiellement, qui défend ou qui empêche de solliciter des fonds auprès des organismes clients, il me semble, qu'il faut un sens d'éthique assez élémentaire pour dire qu'il y a quelque chose qui ne va pas », estime-t-il.

Professeur en éthique appliquée à l'Université du Manitoba, Arthur Schafer trouve déroutant que la ministre contrevienne aux règlements fédéraux alors qu'elle a déjà travaillé pour les services de police.

« Elle [Shelly Glover] agit comme si les lois ne s'appliquaient pas à elle », observe Arthur Schafer.

La directrice du Cercle Molière, Geneviève Pelletier, explique qu'elle avait un autre événement prévu ce soir-là. Elle rapporte également qu'elle était mal à l'aise à l'idée de se rendre à cette collecte de fonds en raison du fait que son organisme fait des demandes de subventions à Patrimoine canadien.

Le conseiller municipal de Saint-Boniface, Daniel Vandal, estime également que cette invitation place les organismes culturels dans une position difficile.

« Moi, je me sens [mal], pour des groupes communautaires qui ont peu d'argent et ils se sentent obligés de participer. Puis s'ils ne participent pas, ils vont se faire ignorer et même menacer, ça fait que c'est très difficile pour eux autres », a indiqué M. Vandal qui entend se présenter contre Shelly Glover lors des prochaines élections fédérales.

Shelly Glover a refusé de commenter. L'attachée de presse de la ministre répond quant à elle que celle-ci a refusé l'argent des donateurs et qu'elle a expliqué par écrit sa démarche à la commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique.

PLUS:rc