NOUVELLES

Osisko demande à ses actionnaires de rejeter l'offre non sollicitée de Goldcorp

20/01/2014 10:05 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Parce qu'il la considère «opportuniste» et «inadéquate», le conseil d'administration de Corporation minière Osisko (TSX:OSK) rejette l'offre non sollicitée de Goldcorp (TSX:G), estimée à 2,6 milliards $, soumise le 14 janvier dernier.

En conférence téléphonique, lundi matin, le président et chef de la direction de la minière québécoise, Sean Roosen, a exhorté les actionnaires à ne pas déposer leurs actions d'Osisko en réponse à l'offre de Goldcorp.

Le conseil d'administration d'Osisko dit également être en discussions avec des tiers afin de trouver des «solutions stratégiques» en ce qui a trait à l'offre du géant aurifère canadien de Vancouver.

«Déposer les actions d’Osisko en réponse à l’offre de Goldcorp avant que le conseil d’administration ait eu l’occasion d’explorer toutes les solutions de rechange pourrait empêcher une opération supérieure d’être présentée», a estimé M. Roosen.

Depuis que Goldcorp a soumis son offre non sollicitée, la semaine dernière, les actions d'Osisko se sont transigées bien au-delà de la contrepartie totale de 5,95 $ par action qu'offre l'entreprise établie en Colombie-Britannique.

Plusieurs analystes du secteur minier ont par ailleurs suggéré que Goldcorp allait devoir bonifier son offre si le producteur aurifère canadien désirait mettre la main sur la minière québécoise.

Le principal gisement d'or d'Osisko est celui exploité à Malartic, en Abitibi-Témiscamingue. La production commerciale de ce gisement s'est amorcée en mai 2011.

Le conseil d'administration estime que l'offre de Goldcorp «ne reconnaît pas la valeur stratégique» du gisement de Malartic exploité par Osisko ainsi que celle des autres projets canadiens de la minière québécoise.

«Le moment de la présentation de l’offre de Goldcorp est opportuniste, ayant été fixé avant que Malartic amorce, selon nos attentes, les années qui seront les plus productives», a souligné le président et chef de la direction d'Osisko.

Par ailleurs, M. Roosen a mis en garde les actionnaires d'Osisko en leur rappelant que Goldcorp avait récemment connu des problèmes avec certains de ses projets à l'étranger.

La société de Vancouver avait notamment rencontré des problèmes d'approvisionnement en eau à sa mine de Penasquito, au Mexique, ce qui avait affecté négativement la production d'or. Goldcorp a également suspendu d'autres projets d'exploration à Cerro Negro, en Argentine.

«Au cours des cinq dernières années, l'action de Goldcorp a chuté de 23 pour cent, a souligné M. Roosen. Les meilleurs jours de Goldcorp sont derrière elle alors que le meilleur est à venir pour Osisko.»

Goldcorp a déjà été l'un des plus importants actionnaires d'Osisko, mais avait vendu, en 2011, sa participation de 10,1 pour cent dans la société québécoise pour un montant de 530 millions $ ou 13,75 $ par action.

Depuis, le géant aurifère canadien dit avoir eu fréquemment des discussions avec Osisko, jusqu'à la fin de l'année dernière.

«En novembre 2008, en avril 2009 et en septembre 2009, Osisko a reçu des propositions hautement conditionnelles et sans engagement de la part de Goldcorp», a rappelé M. Roosen.

Osisko a réagi à l'offre non sollicitée de Goldcorp en marge de la publication de ses résultats en ce qui a trait à la production aurifère de son gisement de Malartic pour le quatrième trimestre.

La société minière a indiqué avoir atteint un record en traitant plus de 4,9 millions de tonnes de minerai pour 137 321 onces d'or avec des charges décaissées estimées à 713 $ l'once.

À la même période en 2012, la production d'or avait été de 101 544 onces avec des charges décaissées de 833 $ l'once.

Pour 2013, la production d'or s'est élevée à 475 277 onces à Malartic avec des charges décaissées de 760 $ l'once, comparativement à 388 478 onces avec des charges décaissées de 849 $ l'once en 2012.

Osisko s'attend à ce que son débit de traitement à Malartic continue de progresser vers la capacité nominale quotidienne de 55 000 tonnes.

Les liquidités de la minière québécoise ont augmenté. Au 31 décembre 2013, elles étaient estimées à 210,5 millions $, par rapport à 155,5 millions en 2012.

Quant à la dette de l'entreprise, elle était de 329,1 millions $, comparativement à 350,3 millions $ en 2012.

À la Bourse de Toronto, le titre d'Osisko a clôturé à 6,47 $, un cours inchangé par rapport à la fermeture de vendredi, alors que celui de Goldcorp a gagné 42 cents, à 25,85 $.

PLUS:pc