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L'Iran gèle une part de ses activités nucléaires pour six mois

20/01/2014 06:01 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
FILE - In this Oct. 26, 2010 file photo, a worker rides a bicycle in front of the reactor building of the Bushehr nuclear power plant, just outside the southern city of Bushehr, Iran. Ahead of the start of a nuclear deal between Iran and world powers, an official in the Islamic Republic has called limiting uranium enrichment and diluting its stockpile the country?s ?most important commitments.? (AP Photo/Mehr News Agency, Majid Asgaripour, File)

L'Iran a gelé lundi une partie de ses activités nucléaires pour six mois, en échange d'un assouplissement des sanctions européennes et américaines, aux termes de l'accord historique de Genève, première étape vers la négociation d'un compromis global.

A la mi-journée, l'Iran a stoppé l'enrichissement d'uranium à 20% sur les sites de Natanz et Fordo, commencé à transformer son stock de 196 kg d'uranium à 20%, et stoppé ses activités sur le réacteur à eau lourde d'Arak, sous la surveillance des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Ces mesures font partie du "plan d'action conjoint" conclu le 24 novembre à Genève entre Téhéran et le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) et qui doit durer six mois.

Le chef de l'agence onusienne basée à Vienne, Yukiya Amano, a confirmé le respect par Téhéran de ses engagements, évoquant "une évolution importante".

L'Union européenne a pour sa part annoncé avoir "suspendu certaines sanctions de l'UE contre l'Iran, avec l'entrée en vigueur" de l'accord.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a également approuvé la levée immédiate d'une partie des sanctions américaines, selon une porte-parole du département d'Etat.

L'application de cet accord historique intervient alors que l'invitation de l'Iran par l'ONU à la conférence de paix sur la Syrie dite Genève II provoque un vif débat au sein des participants. Téhéran est le principal allié du régime de Damas.

"Un premier pas important a été fait, mais davantage de travail est nécessaire pour répondre pleinement aux inquiétudes de la communauté internationale quant à la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien", a commenté la représentante de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton.

"Nous avons l'intention de démarrer les négociations sur une solution globale en février", a-t-elle ajouté, afin de mettre fin à dix années de bras de fer entre l'Iran et les grandes puissances. Mme Ashton rencontrera les représentants des 5+1 mardi à Genève, "pour discuter du calendrier" des prochaines discussions.

L'enrichissement d'uranium à un niveau élevé, effectué à l'aide de centrifugeuses, peut servir à la fabrication d'une bombe atomique, même si la République islamique a toujours nié vouloir se doter d'un arsenal nucléaire.

Israël, ennemi historique de l'Iran, a de nouveau averti par la voix du Premier ministre Benjamin Netanyahu, que l'accord de Genève "n'empêche pas l'Iran de se doter de l'arme nucléaire".

'Holocauste nucléaire'

En échange du gel des activités nucléaires iraniennes, les six puissances vont lever, sur six mois, une partie de leurs sanctions équivalant à près de 7 milliards de dollars (plus de 5 milliards d'euros).

Cela inclut notamment la levée des restrictions sur les exportations pétrochimiques, en particulier l'assurance des navires transportant le pétrole, le commerce de l'or, le maintien des exportations de pétrole à leur niveau actuel, la levée des sanctions contre l'industrie automobile et l'aéronautique, ainsi que le déblocage graduel de 4,2 milliards de dollars des avoirs iraniens gelés dans le monde.

L'essentiel des sanctions, maintenu pour le moment, va toutefois priver l'Iran de 30 milliards de dollars de revenus provenant du pétrole sur six mois, tandis que la plupart des avoirs iraniens à l'étranger (près de 100 milliards de dollars) resteront gelés, a souligné la Maison Blanche.

Le Canada a pour sa part confirmé le maintien "pour le moment" de l'intégralité de ses sanctions.

Pour pouvoir accéder à une levée totale des sanctions par la communauté internationale, Téhéran devra accepter des restrictions plus importantes et permanentes de ses activités nucléaires.

Selon l'analyste américain Mark Fitzpatrick, les grandes puissances devraient notamment demander la limitation du nombre de centrifugeuses, l'arrêt définitif de Fordo, des modifications du réacteur d'Arak pour qu'il ne puisse pas produire du plutonium utilisé pour une bombe nucléaire, et la réduction du stock d'uranium enrichi jusqu'à 5% de sorte qu'il soit insuffisant à la fabrication d'une bombe.

L'aile dure du régime iranien, opposé à des concessions trop importantes sur le programme nucléaire, a critiqué les premières mesures prises lundi. Le quotidien conservateur Vatan-Emrouz dénonçait un "Holocauste nucléaire dans lequel la majorité des activités nucléaires de l'Iran seront stoppées".

Mohammad Amiri, directeur général chargé des garanties au sein de l'Organisation iranienne de l'énergie nucléaire, a également prévenu que l'Iran reprendrait son programme d'enrichissement si "l'autre partie ne respecte pas sa part de l'accord".

Aux Etats-Unis, le président américain Barack Obama tente de persuader les élus américains de ne pas voter de nouvelles sanctions qui entreraient en vigueur si les négociations échouaient.

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