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Manifeste pour sortir de la dépendance au pétrole

20/01/2014 12:25 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT
Getty Images/OJO Images RF

Après le Manifeste pour tirer profit collectivement de notre pétrole, signé il y a deux semaines par une dizaine de personnalités politiques et du monde des affaires, c'est maintenant au tour d'écologistes et de scientifiques, appuyés également de personnalités politiques, de faire entendre leur voix dans le Manifeste pour sortir de la dépendance au pétrole.

Les signataires du document y exposent leur vision de la société québécoise du futur, une société « qui produit et consomme moins et mieux, et qui partage équitablement la richesse ».

« Nos choix économiques doivent prendre en considération l'incontestable réalité des changements climatiques et l'impact économique et social des limites de nos ressources. Le Québec ne peut s'enliser davantage dans la voie du pétrole. Notre responsabilité collective est de diminuer notre consommation d'énergie et de favoriser l'utilisation des solutions de remplacement aux énergies fossiles. Sur cette question, il y a réellement urgence », disent-ils.

Le document, surtout axé sur le coût environnemental que devra payer le Québec s'il se met à l'exploitation pétrolière, remet également en doute l'intérêt économique d'une telle activité tel que mis de l'avant par le premier manifeste.

« Nous sommes d'accord : l'importation de pétrole coûte plusieurs milliards de trop à la population québécoise. Il est cependant irresponsable d'affirmer, car il n'y a aucune preuve ni garantie, que l'exploitation de pétrole en sol québécois réduira durablement et significativement ce déficit commercial. Le potentiel pétrolier du Québec est souvent surestimé. Les ressources en pétrole du Québec, même selon les estimations hypothétiques que font circuler les promoteurs de son exploitation, ne pourraient remplacer qu'une très faible partie de ce qui est actuellement importé », dit-il.

En entrevue à Ici Radio-Canada Première, Lisette Lapointe, a d'ailleurs résumé l'idée en une phrase . « Il ne faut pas rêver, on n'est pas au pays de l'or noir », a-t-elle lancé.

Les signataires s'attaquent aussi à l'exemple de la Norvège, utilisé par les tenants de l'exploitation du pétrole. Le pays scandinave s'est fortement enrichi grâce à ses projets pétroliers, qui lui ont permis d'accumuler 891 milliards de dollars dans un fonds souverain.

« Qu'on soit pour ou contre l'exploitation du pétrole, accumuler un tel fonds au Québec est illusoire. On ne connaît pas avec certitude le potentiel pétrolier du Québec, mais il semble modeste. De plus, les entreprises privées détiennent l'essentiel des droits d'exploitation et les redevances pétrolières ne rapporteraient jamais autant que les revenus de Statoil, détenu à 100 % par l'État norvégien jusqu'en 2001 », lit-on dans le document.

Les redevances payées par les entreprises minières au Québec, « 4 % de redevances effectives au cours des dernières décennies », prouvent selon les signataires qu'il est « illusoire de faire miroiter l'enrichissement collectif par l'exploitation du pétrole au Québec ».

En plus de réclamer une étude environnementale « sur l'ensemble de la filière des hydrocarbures qui couvrirait tous les impacts sociaux, environnementaux et économiques liés à l'utilisation du pétrole », ils demandent également que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement se penche sur chacun des projets d'exploration prévus au Québec. Ils prônent aussi le maintien du moratoire sur l'exploration pétrolière dans le golfe du Saint-Laurent, « une région extrêmement sensible », selon Lisette Lapointe, ainsi que l'adoption d'un moratoire permanent sur l'ensemble du territoire pour toute forme de fracturation hydraulique.

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