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L'UE suspend une série de sanctions économiques contre l'Iran (officiel

20/01/2014 09:58 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

L'Union Européenne a suspendu à partir de lundi et pour six mois une série de sanctions économiques contre l'Iran en réponse au gel par Téhéran d'une partie de ses activités nucléaires, conformément à un accord conclu avec les grandes puissances.

"Le Conseil a suspendu certaines sanctions de l'UE contre l'Iran, avec l'entrée en vigueur du plan d'action" convenu avec l'Iran, a indiqué sur son compte Twitter cet organe, qui représente les gouvernements de l'UE.

Le feu vert a été donné par les ministres des Affaires étrangères de l'UE réunis à Bruxelles. Il était attendu après la confirmation dans la matinée par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) que l'Iran avait commencé à suspendre une partie de ses activités nucléaires.

"Un premier pas important a été fait, mais davantage de travail est nécessaire pour répondre pleinement aux inquiétudes de la communauté internationale quant à la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien", a commenté la représente de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton.

"Durant les six prochains mois, la pleine application des mesures convenues sera cruciale", a-t-elle ajouté citée par son porte-parole.

Conformément à l'accord intermédiaire international conclu le 24 novembre, les sanctions levées par l'UE concernent le secteur clé des produits pétrochimiques, le commerce de l'or et des métaux précieux et les transferts financiers.

La suspension porte ainsi sur "l'interdiction d'importer, d'acquérir ou de transporter" les produits pétrochimiques, ainsi que sur "les services connexes, tels que le financement, l'assurance et la réassurance, y compris pour les pays tiers", selon l'UE.

Les opérateurs européens peuvent ainsi recommencer à convoyer le brut iranien vers les six pays clients (Chine, Inde, Japon, Corée du sud, Turquie et Taïwan) que l'Iran peut actuellement ravitailler grâce à une exemption aux sanctions internationales, et à assurer les navires transportant le pétrole.

Les sociétés européennes peuvent aussi reprendre le transport, l'assurance mais aussi l'achat et l'importation de produits pétrochimiques, en dépit du fait que l'industrie du secteur est contrôlée par le ministère iranien du pétrole, en principe sur la liste noire des entités avec lesquelles les transactions sont bannies.

Par ailleurs, des banques de l'UE peuvent participer à d'éventuelles transactions sur les 4,2 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés à l'étranger et dont l'accord prévoit le déblocage graduel.

Les négociateurs du groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) étaient convenus en novembre de desserrer l'étau économique autour de l'Iran en échange de l'engagement de Téhéran à geler pendant six mois ses activités nucléaires sensibles, en limitant en particulier l'enrichissement d'uranium à 5%.

La mise en oeuvre de cet accord côté américain se heurte toutefois à une fronde au Sénat, avec la menace de plusieurs sénateurs de voter un nouveau train de sanctions.

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