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Libye: des pro-fédéralisme de l'Est démarchent Washington et Moscou

20/01/2014 11:24 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

Les partisans de l'autonomie de l'Est de la Libye, qui bloquent des terminaux pétroliers dans cette région, ont récemment plaidé leur cause à Washington et Moscou, a indiqué lundi le lobbyiste canadien qui les représente.

"Nous essayons de réaliser un État fédéral dans lequel la Cyrénaïque serait une région autonome", a expliqué à l'AFP Ari Ben-Menashe, homme d'affaires basé à Montréal et très actif au Moyen-Orient et en Afrique.

Le lobbyiste a confirmé avoir conclu un contrat de deux millions de dollars "avec les fédéralistes, qui sont liés aux gens qui ont bloqué les terminaux pétroliers", notamment Ibrahim Jodhrane. Ari Ben-Menashe a estimé que ses clients "ne veulent pas scinder le pays", mais cherchent seulement à négocier "un accord sur le partage des revenus pétroliers" entre Tripoli et l'Est du pays où se situe la Cyrénaïque.

Depuis l'été dernier, des milices bloquent des sites pétroliers dans la région orientale de la Libye et leur chef, Ibrahim Jodhrane, s'est même autoproclamé en août président du bureau politique de la Cyrénaïque et a oeuvré pour la formation d'un gouvernement local. Le blocage de trois ports pétroliers a provoqué une chute de la production de pétrole à 250.000 barils/jour, contre près de 1,5 million b/j avant le début du mouvement.

"D'un côté, une partie contrôle tout l'aspect légal (de l'exportation du pétrole), de l'autre, une partie contrôle le pétrole, il faut trouver un compromis", note M. Ben-Menashe, 62 ans, qui joue donc aussi le rôle d'émissaire entre Tripoli et Benghazi.

Mi-décembre, il a enregistré son cabinet de conseil Dickens & Madson au registre des lobbyistes du ministère américain de la Justice. Se présentant comme mandaté par le "Conseil de Transition de la Cyrénaïque", le cabinet déclare vouloir "promouvoir le fédéralisme en Libye, et une distribution équitable de la richesse nationale ainsi qu'améliorer la sécurité de la Cyrénaïque", indiquent les documents déposés à Washington et consultés par l'AFP.

Le contrat conclu le 5 décembre entre Dickens & Madson et Abdul Hamid El Kezza, émissaire de la Cyrénaïque, souligne notamment que le cabinet doit réussir à obtenir les bonnes faveurs de la Russie afin de "renforcer les forces armées" de la région orientale.

Interrogé sur l'état de ses démarches auprès des responsables américains et russes, le lobbyiste s'est simplement borné à dire: "nous nous sommes parlés". Il n'a pas souhaité donner plus de détails.

sab/mbr/chv

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