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Les députés algériens votent la loi sur l'audiovisuel privé

20/01/2014 12:22 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

La nouvelle loi sur l'audiovisuel algérien, qui permet pour la première fois la création de chaînes de télévision privées, a été adoptée lundi par le Parlement, malgré de vives critiques de l'opposition.

Ce texte de loi met fin au monopole du secteur public sur l'audiovisuel, en vigueur depuis l'indépendance du pays en 1962.

Le parti présidentiel, le Front de libération nationale (FLN, 208 sièges sur 462), le Rassemblement national pour la démocratie (68) et le Parti des Travailleurs (PT, 24 députés) ont voté pour, bien que ce dernier ait émis des réserves sur des articles qu'il considère contraires à la liberté d'informer.

La député PT Nadia Chouiten s'est ainsi insurgée contre le droit accordé à l'autorité de régulation de retirer l'agrément d'une chaine pour "atteinte à l'ordre public".

"Cet article est source d'inquiétude pour nous parce qu'il peut servir à freiner la liberté d'information. Le sens de l'expression +ordre public+ n'est pas très clair", a-t-elle souligné devant l'hémicycle, rappelant que même le représentant du gouvernement présent aux discussions de la commission sur l'audiovisuel n'avait pu définir cette expression.

L'autorité de régulation a également le droit de limiter la durée des journaux télévisés dans les chaînes privées.

Pour l'heure, les membres de cette autorité n'ont toujours pas été désignés, et son rôle sera donc rempli par le ministre de la Communication, une disposition vivement critiquée par l'opposition.

L'Alliance verte (islamistes, 49 sièges), Adala (Front de la justice et du développement, 7 députés) et le Front des Forces socialistes (27 députés) ont voté contre le texte, arguant que ce texte obligeait les chaînes privées à se transformer en chaînes thématiques, le terme généraliste étant réservé à la télévision publique

Le député de Adala Lakhdar Benkhellaf a dénoncé "le fait de ne pas laisser à ces chaînes le choix d'être thématique ou généraliste".

Dix chaînes algériennes généralistes émettent depuis l'étranger depuis deux ans, mais elles sont considérées comme "étrangères" par les autorités.

La loi votée lundi n'entrera en vigueur qu'après l'élection présidentielle du 17 avril. Elle doit par ailleurs encore être approuvée par le Conseil de la Nation (Sénat), et comporte 13 textes d'application qui doivent encore être rédigés, selon une source du ministère de la Communication.

ad-bmk/cbo

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