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Les consommateurs américains et européens contribuent à la pollution chinoise (étude)

20/01/2014 02:24 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

Les consommateurs américains et européens sont responsables d'une partie de la pollution industrielle en Chine où sont produits un grand nombre des biens qu'ils achètent, conclut lundi une étude.

Il s'agit de la première recherche à quantifier la proportion de la pollution sur la côte ouest des Etats-Unis provenant de la production en Chine de téléphones cellulaires, téléviseurs et autres biens de consommation exportés.

"Notre analyse de la qualité de l'air aux Etats-Unis montre que la pollution atmosphérique en Chine résultant de la production industrielle destinée à l'exportation contribue quotidiennement de 12 à 24% de la pollution par des sulfates dans l'ouest américain", expliquent les auteurs de l'étude parue dans les Compte-rendus de l'Académie américaine des Sciences (PNAS) datés du 20 au 24 janvier.

"Nous avons délocalisé nos industries manufacturières et une grande part de notre pollution, mais une partie de cet air pollué, poussé par les vents à travers l'océan Pacifique, revient nous hanter", observe l'un de ses auteurs, Steve Davis, un chercheur de l'Université de Californie.

Les exportations chinoises ont augmenté de 390% de 2000 à 2007 et ont ensuite ralenti avec la crise économique mondiale.

Cette forte montée en puissance s'est faite sans contrôle de la pollution.

"Vu les plaintes suscitées par la pollution chinoise qui affecte la qualité de l'air des autres pays, cette recherche montre que la responsabilité pourrait être pleinement partagée", ajoute Steve Davis.

La Chine est cependant loin d'être responsable de la part du lion de la pollution américaine, qui incombe aux automobiles et aux raffineries de pétrole.

Mais certains jours de puissants vents d'ouest appelés "westerlies" peuvent transporter ces polluants chimiques à travers le Pacifique, surtout au printemps, et provoquer un accroissement dangereux de la pollution sur la côte ouest américaine.

La poussière, l'ozone et le carbone peuvent s'accumuler dans des vallées et des bassins en Californie et d'autres Etats de l'ouest.

Los Angeles connaît par exemple au moins un jour supplémentaire durant lequel le smog dépasse les limites fédérales d'ozone en raison des émissions d'oxyde nitreux et d'oxyde de carbone des usines chinoises produisant des biens pour l'exportation, indique encore cette recherche.

Le noir de carbone, présent surtout dans la suie, pose un problème particulier car la pluie ne peut pas aisément l'éliminer dans l'atmosphère où il est transporté par les vents sur de longues distances, relèvent les chercheurs.

Ce polluant est lié à plusieurs problèmes de santé comme l'asthme, le cancer du poumon et des maladies cardiaques.

Les résultats de cette recherche pourraient être utilisés pour négocier plus efficacement des traités internationaux visant à améliorer la qualité de l'air, suggèrent les auteurs.

js/chv

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