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La politique d'Israël déchire des milliers de familles entre Gaza et Cisjordanie (ONG)

20/01/2014 08:47 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

Les restrictions israéliennes à la circulation des Palestiniens entre la Cisjordanie et la bande de Gaza déchirent des milliers de familles et aggravent la division entre les deux territoires, affirment lundi dans un rapport deux ONG israéliennes.

D'après des estimations israéliennes parcellaires, plus de 20.000 Palestiniens vivant en Cisjordanie occupée sont recensés comme résidents de Gaza, gouverné par le Hamas depuis 2007, précise ce rapport conjoint de B'Tselem et Hamoked (Centre de Défense des individus).

"La politique affichée d'Israël d'isolement de la bande de Gaza viole le droit à une vie familiale de dizaines de milliers de Palestiniens vivant dans des familles éclatées, divisées entre la bande de Gaza et la Cisjordanie ou entre la bande de Gaza et Israël", soulignent les deux ONG dans un communiqué.

"Actuellement, les Palestiniens peuvent aller de Cisjordanie à Gaza (à condition de s'engager à y rester) mais les demandes de passer de Gaza à la Cisjordanie sont généralement refusées sans autre forme de procès", expliquent-elles.

Pour présenter à Israël une demande de changement permanent d'adresse de Gaza en Cisjordanie, les habitants de l'enclave palestinienne doivent souffrir d'une maladie chronique ou de vieillesse sans avoir de famille directe à Gaza capable de s'occuper d'eux, ou être des mineurs de mois de 16 ans ayant perdu un parent, indique le rapport.

Les accords d'Oslo de 1993 "considèrent que la Cisjordanie et la bande de Gaza forment une seule unité territoriale", rappellent les ONG, soulignant que depuis 2007, la politique officielle israélienne a pourtant changé, traitant désormais les deux territoires comme "deux zones séparées et différentes".

Dans une réponse annexée au rapport, le ministère israélien de la Justice rappelle que "la politique de l'Etat d'Israël est que les résidents de la bande de Gaza ne doivent être autorisés à entrer en Israël, y compris dans le seul but de se rendre en Cisjordanie, qu'à des fins humanitaires".

Compte tenu de l'hostilité déclarée du Hamas à Israël, "autoriser le passage entre la bande de Gaza et la Cisjordanie présenterait un risque de sécurité substantiel", estime le ministère dans un courrier daté du 5 décembre, en réponse au projet de rapport.

En 2009, le cas d'une étudiante palestinienne originaire de Gaza expulsée de Bethléem (Cisjordanie) par Israël deux mois avant ses examens, Berlanty Azzam, avait souligné la séparation grandissante entre les deux territoires palestiniens.

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