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La mairesse de Bangui devient présidente de la République centrafricaine

20/01/2014 09:41 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

BANGUI, République centrafricaine - Les membres du Conseil national de transition en République centrafricaine ont choisi lundi la mairesse de la capitale comme nouvelle présidente intérimaire, qui sera chargée de mettre fin au chaos dans le pays.

La mairesse de Bangui, Catherine Samba-Panza, a remporté 75 votes sur 135 au deuxième tour du scrutin, qui l'opposait à Désiré Zanga-Kolingba, fils d'un ancien président. Elle devient ainsi la première femme présidente de l'histoire du pays.

À l'annonce de son élection, Mme Samba-Panza, vêtue d'un tailleur rose vif, a levé les bras dans les airs en signe de victoire.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a estimé que la nouvelle présidente, âgée de 59 ans, était «une femme vraiment remarquable».

Mme Samba-Panza, une avocate qui a longtemps travaillé dans le domaine des assurances, est devenue mairesse de Bangui en juin. En tant que présidente de transition, elle devra organiser des élections nationales avant la fin de 2014, ce que les observateurs jugent presque impossible compte tenu des pillages et de la destruction ayant visé les bâtiments administratifs à travers la capitale.

Elle aura également la lourde tâche de mettre fin à l'anarchie et au bain de sang en République centrafricaine, où des centaines de personnes ont été tuées au cours des derniers mois, sans compter les centaines de milliers de civils déplacés.

La crise dans le pays a commencé après le coup d'État de mars 2013, qui a dégénéré en conflit interreligieux opposant les combattants rebelles musulmans de la Séléka à des milices chrétiennes d'autodéfense, les anti-balakas.

«J'appelle mes enfants, et en particulier les anti-balakas, à déposer les armes et à cesser les violences. Cela vaut aussi pour les membres de la Séléka, ils ne devraient pas avoir peur. Je ne veux plus entendre parler de meurtres et de tueries», a déclaré la présidente après son élection.

Elle a appelé les quelque 100 000 personnes réfugiées à l'aéroport international de Bangui à retourner chez elles.

«J'appelle aussi la communauté internationale à nous aider à rétablir rapidement l'ordre dans notre pays, qui est aujourd'hui au bord du chaos», a-t-elle ajouté.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) ont approuvé à l'unanimité, lundi, le déploiement d'une force militaire pour assister les soldats français et africains qui tentent de mettre fin à l'anarchie en République centrafricaine.

L'UE s'affaire maintenant à préparer les détails opérationnels en vue du déploiement d'une force de 500 membres chargée de rétablir l'ordre dans et autour de la capitale.

Ce déploiement, initialement limité à une période de six mois, permettra de soutenir les quelque 1600 soldats français qui ont été rapidement envoyés en Centrafrique le mois dernier pour appuyer les quelque 4400 soldats de l'Union africaine dépassés par les événements.

Les pays de l'UE tiendront un autre vote pour approuver le déploiement une fois que les détails opérationnels auront été décidés. Les responsables espèrent que la mission pourra commencer en mars.

Lors d'une autre réunion à Bruxelles, plusieurs pays ont promis un total de 496 millions $ US en aide humanitaire pour la République centrafricaine, a annoncé la chef du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU, Valerie Amos.

«Nous avons un plan sur 100 jours qui est maintenant entièrement financé, et les ressources additionnelles seront consacrées à ce plan pour le reste de l'année», a déclaré Mme Amos.

«La brutalité, la violence et la nature religieuse de cette crise nous concernent tous», a-t-elle ajouté.

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