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Des preuves de torture et d'exécutions de masse de détenus en Syrie

20/01/2014 06:45 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT

Une équipe internationale d'experts en crimes de guerre dit détenir des preuves évidentes de torture et d'exécutions arbitraires et de masse par le régime de Bachar Al-Assad en Syrie. La preuve démontrerait notamment le massacre systématique d'environ 11 000 détenus.

Le rapport des trois experts, remis lundi à la chaîne américaine CNN et au journal britannique The Guardian, s'appuie sur des milliers de documents et de photos de corps sans vie de détenus. La plupart montrent de jeunes hommes au corps émacié, taché de sang et portant des signes de torture, de strangulation ou d'électrocution. Certains n'ont plus leurs yeux.

Ces images ont été sorties de Syrie par un ancien militaire qui s'est joint aux rebelles avant de faire défection et de quitter le pays. Les experts affirment être convaincus de la crédibilité de celui qui est désigné sous le nom de « César » dans le rapport.

Si César détenait autant de photos de cadavres sur une clé USB, c'est qu'il était photographe pour la police miliaire à l'époque où il travaillait pour le régime, au début de la guerre civile.

César soutient qu'il n'a pas été témoin lui-même de torture, mais son travail consistait à photographier les cadavres qui étaient envoyés dans un hôpital prévu à cet effet, pour confirmer que les ordres d'exécution étaient bel et bien appliqués.

Si les cadavres étaient envoyés à l'hôpital, c'était pour qu'un médecin y valide faussement que les hommes étaient morts à l'hôpital, soit des suites d'une crise cardiaque, soit à cause d'un arrêt respiratoire. Le procédé décrit par César - qui affirme avoir parfois photographié jusqu'à 50 corps par jour - témoigne d'une imposante machine bureaucratique dédiée à camoufler les crimes du régime aux familles.

Dans le cadre de leur enquête, les experts ont fait analyser 55 000 images sorties de Syrie (dont près de 27 000 prises par César), illustrant au total les corps de 11 000 victimes.

Les trois experts qui ont produit le rapport sont d'anciens procureurs aux tribunaux pénaux pour l'ex-Yougoslavie et la Sierra Leone. Selon l'un d'eux, David Crane, le rapport est « une preuve fumante comme on n'en a encore jamais vu ». « N'importe quel procureur souhaiterait avoir ce type de preuves », a-t-il dit au réseau CNN.

La publication du rapport semble avoir été planifiée pour coïncider avec la conférence de paix organisée par les Nations unies à Genève, cette semaine.

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