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Des milliers de manifestants continuent de braver la police à Kiev en Ukraine

20/01/2014 10:27 EST | Actualisé 22/03/2014 05:12 EDT
SERGEI SUPINSKY via Getty Images
Protesters carry a wooden board to build barricades during clashes with the police in Kiev on January 20, 2014. Radical opposition protesters Monday battled Ukrainian police in new clashes after bloody fighting the day earlier wounded over 200 people amid mounting fury over draconian new anti-protest laws. The clashes, the worst in Kiev in recent times, marked a spiralling of tensions after two months of demonstrations against President Viktor Yanukovych's refusal to sign a pact for closer integration with the EU. AFP PHOTO/ SERGEI SUPINSKY (Photo credit should read SERGEI SUPINSKY/AFP/Getty Images)

Des milliers de manifestants pro-européens bravaient à nouveau les forces de l'ordre lundi en fin de journée à Kiev, au lendemain d'une nuit d'affrontements violents et sans nouvelles d'une conciliation promise par le pouvoir ukrainien sous la pression des Etats-Unis.

Les échauffourées se poursuivaient, certains manifestants lançant de manière sporadique des pierres ou des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre.

Les protestataires ont reçu le soutien de l'opposante et ex-Première ministre emprisonnée Ioulia Timochenko.

"Défendez l'Ukraine et n'ayez peur de rien", a écrit l'opposante, qui purge une peine de sept ans de prison pour abus de pouvoir, dans un communiqué.

"La liberté mérite une telle lutte", a-t-elle ajouté.

Les ministres européens des Affaires étrangères, réunis lundi à Bruxelles, ont à leur tour condamné la violence, en faisant porter la responsabilité au pouvoir ukrainien qui a promulgué vendredi des lois jugées répressives pour les manifestants, et évoquant, après les Etats-Unis, la possibilité de sanctions.

Les milliers de manifestants réunis dans le centre-ville utilisaient lundi les fourgons de police et bus, brûlés la veille lors des heurts, pour monter de nouvelles barricades.

Derrière, se tenaient des centaines de policiers, portant des casques et des boucliers.

Selon le département de la santé de Kiev, 103 personnes ont demandé une aide médicale depuis le début des affrontements dimanche, et 42 ont été hospitalisées.

Par ailleurs, le ministère de l'Intérieur a indiqué que près de 100 policiers avaient été blessés et que 61 avaient dû être hospitalisés, certains pour traumatisme crânien.

Risque d'escalade de la violence

"Il s'est passé ce qui ne s'était jamais passé depuis l'indépendance de l'Ukraine et ce qu'on ne pouvait imaginer qu'en cauchemar: des combats dans le centre de la capitale", a déploré l'opposant et ex-boxeur Vitali Klitschko.

L'ancien président pro-occidental Viktor Iouchtchenko a de son côté mis en garde contre une escalade.

"Il faut sortir de cette situation par des négociations", a-t-il dit sur le site de son parti "Notre Ukraine", mettant en garde contre une "guerre civile".

Dimanche, après une manifestation contre le gouvernement de 200.000 personnes sur la place de l'Indépendance, plusieurs centaines de protestataires ont tenté de franchir un cordon de policiers pour se rendre vers le Parlement, et se sont emparés de fourgons de police.

Dans un accès de violence rarement vu depuis le début de la contestation, ils ont mis le feu à plusieurs véhicules et lancé des pierres et des fumigènes mais aussi des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre. Celles-ci ont répondu par du gaz lacrymogène, des grenades assourdissantes, des tirs de balles en caoutchouc et des coups de matraque.

Selon des témoins interrogés par l'AFP, la police a aussi employé des canons à eau, par -7°.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué que près de 20 manifestants avaient été arrêtés.

Les Européens accusent le pouvoir

Les ministres européens des Affaires étrangères ont dénoncé la violence, en faisant porter la responsabilité au pouvoir ukrainien.

"C'est une erreur d'avoir introduit des restrictions à la liberté de manifester", a déclaré le Britannique William Hague.

"Le recours à la violence aura des conséquences et on ne peut pas exclure des sanctions", a déclaré son homologue lituanienne, Linas Linkevicius.

"Nous appelons les autorités ukrainiennes au strict respect de leurs engagements internationaux en matière de démocratie, d'Etat de droit et de droits de l'homme", a de son côté déclaré le ministère français des Affaires étrangères.

Dès dimanche soir, les Etats-Unis avaient appelé à la fin immédiate de violences et brandi la menace d'éventuelles sanctions.

Viktor Ianoukovitch avait assuré qu'une commission de conciliation serait crée dès lundi avec les représentants de l'opposition.

La contestation a mobilisé des centaines de milliers de personnes en décembre après la volte-face du président Ianoukovitch qui a brusquement refusé de signer un accord d'association avec l'UE, au profit d'un rapprochement avec la Russie. Celle-ci a ensuite accordé un crédit de 15 milliards de dollars à l'Ukraine, et l'opposition a accusé le coup.

Mais l'adoption la semaine dernière de nouvelles lois qui alourdissent, jusqu'à des peines de prison, les sanctions potentielles pour les manifestants, a relancé la mobilisation.

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